L’élégance du style, l’efficacité de la méthode

Ceux qui ont côtoyé le Aleksandar Jankovic sont unanimes : humainement,le nouvel entraîneur du Standard est une crème. Sportivement, il aime le jeu construit de l’arrière.

En acceptant la nouvelle offre que lui a faite le Standard, Aleksandar Jankovic n’a fait que concrétiser tardivement une association de bienfaiteurs qui semblait couler de source depuis quelques années déjà. En sondant ceux qui l’ont côtoyé, une constante revient, encourageante pour le noyau actuel des Rouches et que l’on peut confirmer en tant que journaliste : humainement, le nouvel entraîneur du Standard est quelqu’un de bien. «De très bien, même ! », insiste Olivier Doll, qui a travaillé sous ses ordres à deux reprises, d’abord en sa qualité d’adjoint puis de T1. «Malgré la saison difficile que nous avions traversée en 2009, il avait été correct avec tout le monde, tout le temps. Même si on ne peut jamais contenter tous les joueurs, il m’étonnerait que vous trouviez beaucoup de personnes qui puissent relayer des échos négatifs quant à sa gestion humaine du groupe. »

L’ayant lui aussi côtoyé à Lokeren, où il évolue toujours, Copa Boubacar va encore plus loin. «Pour moi, c’est un honneur d’avoir pu travailler sous ses ordres alors qu’il débutait dans le métier », explique le portier ivoirien. «Je le vois plus comme une personne que comme une personnalité. Quel que soit votre statut ou votre âge, cela ne change rien :

« Toutes proportions gardées, il aime proposer un jeu à la barcelonaise »

il affiche le même respect pour tout le groupe. Ce qui compte pour lui, c’est l’envie d’apprendre que vous dégagez. Même après son départ, j’avais gardé un contact téléphonique régulier avec lui et on s’est promis d’aller boire un pot ensemble dès que possible. Même si je suis déçu pour Yannick Ferrera, qui m’a l’air d’être un bon entraîneur, il fera du bon boulot au Standard. Bon, j’espère quand même que cela sera moins le cas dans deux semaines, à Lokeren. » Ayant travaillé jusque lundi soir sous ses ordres, Tim Matthys abonde dans ce sens. «Au vu de ses qualités, on s’attendait à ce qu’il nous quitte un jour mais là, la nouvelle était surprenante. On a appris son départ mardi matin, alors que la veille encore, on rigolait à l’entraînement ensemble. Jankovic, ce n’est pas qu’un beau parleur dans les médias. Parfois, il est plus sévère avec nous. Il sait remettre les joueurs dans le droit chemin quand cela s’avère nécessaire – et je sais de quoi je parle ! – mais il peut aussi lâcher la bride quand on a des soucis personnels, en faisant la part des choses. Son départ sera une grosse perte pour Malines. »

Humainement apprécié de tous, Jankovic est aussi un entraîneur qui sait imposer sa griffe sur son équipe. «En se montrant flexible quand cela est nécessaire », comme en témoigne Olivier Doll, ou «en essayant d’imposer sa tactique en tenant compte des qualités des joueurs qu’il a à disposition dans son noyau », renchérit Matthys. «Chez nous, il a souvent aligné trois défenseurs centraux et deux joueurs sur les ailes qui coulissaient plus ou moins haut en fonction de la possession de balle.

Il sait remettre les joueurs dans le droit chemin »

Ce qui laissait beaucoup de liberté aux joueurs offensifs. C’est aussi un bosseur invétéré. Le dimanche matin, pour le décrassage, il arrivait fréquemment avec des petits yeux. Pas parce qu’il avait fait la fête mais parce qu’il avait déjà visionné le match de la veille à deux reprises, histoire de mettre le doigt sur ce qui n’a pas été. » Pour Copa, Aleksandar Jankovic est avant tout un esthète, presque un romantique du football moderne. «Ce qui importe à ses yeux, c’est le jeu et sa beauté », affirme-t-il. «Toutes proportions gardées, bien sûr, il aime proposer un jeu à la barcelonaise, en construisant patiemment depuis la défense, via un jeu de passes rapides, vertical et, de préférence, efficace. Cela n’a bien sûr pas toujours été possible en match mais c’était son idée maîtresse. Il aime aussi travailler avec les jeunes comme il l’a fait avec les Espoirs serbes. A Lokeren, il n’avait sans doute pas eu le temps de mettre en place ses idées. »

Pour Olivier Doll, le défi majeur de Jankovic sera de ramener l’église au milieu du village rouche, dans le calme. «Il devra gérer le noyau et mêmes les noyaux », explique l’ancien Anderlechtois. «Parce que pour l’instant, c’est un peu le foutoir, notamment parce qu’il y a trop de joueurs (NDLR : 36, en comptant les jeunes récemment intégrés). Après avoir pris ses quartiers, il va devoir faire des choix. » Et saura les expliquer. Le plus humainement possible.

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