Ferrera, c’est un an à Sclessin dont la moitié en sursis

Le crédit inestimable attribué par le président Bruno Venanzi à son entraîneur Yannick Ferrera épuisé depuis quelques jours.

Déjà abandonné par Daniel Van Buyten (depuis longtemps) et par Olivier Renard (rapidement après sa prise de pouvoir), Yannick Ferrera est arrivé au terme de son « calvaire » dont la fin a été entérinée ce mardi. A un jour du premier anniversaire de sa prise de pouvoir au Standard. Mais que lui reproche-t-on à Sclessin ?

« Je pensais ne plus avoir que quelques jours à vivre, mais visiblement, c’est une question d’heures. » La scène se déroule à l’Académie Robert Louis-Dreyfus, au mois d’août, quelques jours à peine après la réintégration par Yannick Ferrera de Renaud Emond et Mohamed Yattara qui avaient pourtant été priés d’aller s’entraîner ailleurs une semaine plus tôt. Le coach principautaire vient alors d’être mis au courant du courroux de son président lui demandant de cesser ses enfantillages. A cet instant, le jeune coach bruxellois sait pertinemment bien qu’il va devoir utiliser ses cartons de déménagement car il vient de perdre son dernier soutien au club. Pas « un des derniers » comme avait déclaré Bruno Venanzi dans une interview récente accordée à la veille du deuxième match de championnat contre Saint-Trond, mais bien celui qui compte.

Arrivé le 7 septembre 2015 en bord de Meuse, le jeune Bruxellois aura donc à peine tenu douze mois dans un climat majoritairement délétère. Une période durant laquelle il a sans doute maladroitement apposé sa griffe. Choix personnel de Bruno Venanzi qui croyait ardemment en lui au point de commettre l’erreur de ne pas s’en séparer cet été alors que tous les feux étaient déjà à l’orange, Yannick Ferrera a connu un parcours chaotique à Sclessin. A bien des égards. Tel son bilan chiffré. Moins de 50 % des points, c’est une cote de rejet dans un club comme le Standard. C’était pourtant déjà le cas avant le gain de la Coupe de Belgique puisqu’il n’avait alors récolté que 34 unités sur 72. « Je n’ai ressenti aucune pression particulière après le 1 sur 15 à mon arrivée ou le revers à Malines (NDRL : le dernier match de la phase classique synonyme de Playoffs 2) », disait-il avant la finale.

« Si on m’avait soumis un ultimatum, je n’aurais eu aucune honte à le dire. En tout cas, on ne m’a rien dit ouvertement. » Pourtant, à cet instant, et même si la direction soutient toujours aujourd’hui le contraire, il savait qu’un revers contre le FC Bruges lui aurait été fatal. Ce fut le contraire : un succès et une saison sauvée par une compétition représentant alors la seule véritable bouffée d’oxygène du club. Mais cela n’a fait que retarder le problème car semaine après semaine, Ferrera a vécu avec cette rumeur persistante et grandissante d’un désaveu de sa direction.

DISPUTES AVEC DES JOUEURS

Rarement telle situation aura été aussi longue à Sclessin. Mais il faut dire que le jeune coach y a mis du sien pour alimenter les conversations. Son caractère était sans doute trop
conflictuel. On ne compte plus les disputes avec les joueurs puisqu’il n’enrobait pas ses discours de précaution oratoire. Cela dit, jamais avec les éléments cadres, comme Adrien Trebel. D’où leur soutien puisque, depuis la finale perdue de la Supercoupe, Ferrera a acquiescé à leur demande de modifier le programme. Au point de surprendre avec parfois des séances limitées à 45 minutes et à la carte à deux jours des matchs ou des entraînements à 18 joueurs seulement à la veille des rencontres. Autant écrire que le noyau était alors divisé sur le comportement à adopter par rapport à un coach par ailleurs excellent orateur pour faire passer ses messages personnels dans son groupe. Evidemment en contradiction avec ceux de la direction sportive.

Avec le Standard, Yannick Ferrera a pris 50 points sur 105 en championnat, soit un bilan de 47,6 % des points mis en jeu. Sur les dix derniers coaches liégeois, seuls Slavo Muslin (46,7 %) et Ron Jans (39,3 %) ont fait pire.

DES TENSIONS DANS LE STAFF

Une direction qui avait élargi le staff technique : Eric Deflandre (amené par Bruno Venanzi du temps de Slavoljub Muslin), Philippe Vande Walle et Erik Roex (une décision estivale de Daniel Van Buyten) sont arrivés sans être souhaités par Yannick Ferrera. D’où une réelle discorde dans le staff entre le clan Ferrera (Yann Danielou et William Still) et les autres. Au point qu’en début de saison, le jeune coach a indiqué au trio qui n’était pas de son choix que s’ils désiraient voir les matchs en tribune, ils pouvaient le faire. Et qu’ils pouvaient également rester à la porte du vestiaire à la mi-temps. Une manière de leur montrer qu’il n’avait évidemment pas besoin d’eux. Mais surtout un comportement qui n’a guère été apprécié en haut lieu. Pas plus que celui lié aux renforts estivaux et qui auraient été particulièrement ignorés par leur nouvel entraîneur qui ne leur adressait pas souvent la parole. Même pour certains, dès leur arrivée… En ajoutant, si on fait abstraction du match à Bruges, une équipe moribonde évoluant sans rythme ni passion sur un ton monocorde, un manque de fond de jeu et des joueurs, devenus ombres de leurs ombres, qui régressaient
plus tôt que de progresser, le passif de Yannick Ferrera devenait de plus en plus lourd aux yeux des décideurs.

Qui ont décidé avant le choc wallon de passer à autre chose. Une idée renforcée encore par les sifflets de la fin d’une rencontre durant laquelle les supporters avaient montré les premiers signes d’impatience et de mécontentement. Il fallait juste trouver le bon successeur pour annoncer, le même jour, un départ et une arrivée… En espérant que le calme remplace la tempête. Pour autant que le mal ne soit pas enraciné plus profondément.

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