Discontinuité continue au Standard

Chronique d’un limogeage annoncé. La donne est évidemment inhérente au métier d’entraîneur.

Elle fait partie du décor et en particulier de cette avant-scène qui peut se dérober à tout moment sous les jolis souliers vernis d’itinérants du spectacle de bords de touche. Le dire équivaut à enfoncer la porte ouverte par laquelle Yannick Ferrera vient de passer les pieds devant. Mais au delà de l’affligeante banalité du sort réservé à l’entraîneur du Standard, il y a tout de même matière à dissection dans la gestion globale de ce dossier, classé à la verticale en moins d’un an.

  1. Le principe de stabilité cher à Bruno Venanzi vient d’être rompu Ultime défenseur de Ferrera face à une coalition de clans se détestant sur tout mais s’accordant au moins sur un point, le président du Standard a fini par rendre les armes. Mal (ou trop) entouré pour résister ? C’est ce que diront les afficionados du technicien d’origine espagnole. Pas assez ferme, rétorqueront ses contradicteurs, pour rappeler à l’ordre un entraîneur au caractère jugé trop ombrageux, si pas capricieux ? Pas suffisamment fin pour jouer l’esquive et s’en sortir par un salto arrière ? Un peu de tout cela sans doute.

2.Le timing est très particulier Le partage concédé il y a une dizaine de jours par le Standard à Bruges (2-2) aurait pu (dû ?) sauver Ferrera. Surtout dans le contexte d’une égalisation consécutive à une erreur d’arbitrage proprement ahurissante. S’il n’a pas sauté dans les heures qui ont suivi la frustration liégeoise, c’est tout simplement parce que sa succession exigeait une semaine pour être réglée.

  1. Un débauchage qui démontre un net déficit de créativité Pour la deuxième fois consécutive, la direction du Standard est allée chercher ailleurs ce qu’elle n’a ni formé ni su dénicher sur son propre flair. De Saint-Trond avec Ferrera, à Malines avec Jankovic, Venanzi a préféré le clé-sur-porte à l’ingénierie. Une manière parfaitement respectable de mener son business (Anderlecht n’a pas fait autre chose pendant des décennies) mais qui pose tout de même la question de présence à ses côtés (et à… 500.000 euros annuels !) de Daniel Van Buyten. Depuis un an, les réseaux de l’ancien international, couplés à ceux de son ami et ex-agent Christophe Henrotay, sont censés conférer une assurance tout risque au Standard. On avait déjà eu un premier aperçu de l’apport en matière de recrutement des joueurs. On sait aussi maintenant ce qu’il en est quand il faut encore viser plus haut et attirer un coach de calibre international ou de dénicher une trouvaille.

  2. Le pic de pression autour de Renard a atteint son sommet hier Le gisement constitutif de la filière malinoise du Standard est-il épuisé ? La question mérite d’être posée. Qui, en effet, n’a pas été transféré depuis les défuntes Casernes au cours de ces douze derniers mois ? Le concierge, le responsable du matériel, la machine à laver et la calendreuse ? Le flux en provenance de Malines (Vande Walle, Cissé, Kosanovic, Gillet et Renard lui-même) risque d’ouvrir le débat sur la vraie largeur de vues du directeur sportif du Standard.

  3. Les questions auxquelles il va falloir répondre Devenu un cimetière des entraîneurs, tant par la pression populaire que par manque de contrôle récurrent du vestiaire, le Standard est-il encore capable de s’affranchir du facteur émotionnel ? Et devenir un club gouvernable, ne fût-ce qu’à moyen terme ? Pour peu qu’elle ne lui ait pas encore traversé l’esprit Bruno Venanzi peut s’attendre à se poser la question un de ces jours.

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