Search
SITE NON OFFICIEL : Présentation de l'équipe, Informations sur le club, Résultats, Classements, Vidéos, Streaming des matches, Discussion, Prono

La Roumanie, c’est le shopping tendance

En quelques mois, le football roumain s’est ancré dans la réalité belge. Anderlecht a transféré Alexandru Chipciu et Nicolae Stanciu, le Standard Razvan Marin. Dans le même temps, Mircea Rednic prenait place sur le banc de Mouscron. La connexion roumaine est en route. Nous sommes le 19 juillet. Anderlecht offi cialise le transfert d’Alexandru Chipciu, un joueur qui alterne le bon et le moins bon au Steaua Bucarest mais auquel les Mauves croient. L’ailier est représenté par un agent allemand, basé à Berlin, Sascha Empacher, qui a l’habitude de s’occuper de joueurs africains mais s’est rapproché de Fali Ramadani, un des deux patrons de Mouscron, agent très en cours à Anderlecht depuis la vente de Chancel Mbemba et Aleksandar Mitrovic à Newcastle.

Empacher a été mandaté par Herman Van Holsbeeck pour négocier l’arrivée de Chipciu. Au final, Anderlecht doit débourser 2,85 millions d’euros au Steaua Bucarest, payable en trois tranches (1,425 million directement, 950.000 euros en juillet 2017 et 475.000 en janvier 2018). Le Steaua négocie également certains bonus (142.500 euros à chaque qualifi cation d’Anderlecht pour les groupes de la Ligue des Champions, plafonnés à 285.000 euros). Pourtant, malgré le mandat reçu par Empacher, le nom de l’agent allemand (et d’un quelconque autre) n’apparaît pas sur le papier de transfert rendu à la FIFA, via le système TMS. Pourquoi?

«On n’est pas obligé de mentionner le nom des agents dans le système TMS», explique Herman Van Holsbeeck. Une manière de ne pas favoriser un agent dans un dossier qui en comporte plusieurs. Mais Empacher ne va pas en rester là. C’est lui qui négocie, quelques semaines plus tard, le passage de Nicolae Stanciu à Anderlecht. Dans ce dossier-là, il travaille avec Anamaria Prodan, une femme très exposée et sulfureuse en Roumanie. Elle a occupé plusieurs postes dans le football (comme celle de directrice générale de Cluj). Elle aime se mettre en avant dans les médias et son passé de mannequin en fait une cible parfaite. Même Playboy avait eu ses faveurs en 2007. En 2013, elle change de registre en passant sa licence d’agent. C’est elle qui débarque à Zaventem, accompagnée du futur joueur d’Anderlecht, pour peaufiner les détails de la transaction. Pourtant, en agissant de la sorte, elle nargue la Fédération Roumaine qui, dans ses statuts, «qualifie de conflit d’intérêts toute pratique d’une association qui permet à un entraîneur d’exercer une influence matérielle, financière, commerciale, administrative sur le business d’un agent». Or, Anamaria Prodan est mariée à l’entraîneur du Steaua Bucarest, Laurentiu Reghecampf, club auquel appartient à la fois Stanciu et Chipciu!

Rednic à Mouscron : De nouveau Ramadani

Anderlecht a mis un mois et demi pour conclure l’arrivée de Stanciu. En cause? Le prix, le nombre d’intervenants et le caractère particulier des dirigeants du Steaua. Il faut dire que le fonctionnement du Steaua, aux mains de la famille Becali (le propriétaire, Gigi Becali a géré son club… de prison entre 2013 et 2015) est assez spécial. «C’était un deal compliqué et on saura si c’est un bon deal uniquement le jour où il partira», reconnaît Van Holsbeeck qui a dû lâcher 9,5 millions d’euros. Quant à Mircea Rednic, il doit son poste à Mouscron à Yuri Selak, à qui ça n’a pris que deux jours pour trouver un remplaçant à Glen De Boeck. Rednic a laissé une impression mitigée en Belgique: un bon passage au Standard, un moins bon à Gand. De plus, certaines casseroles roumaines lui collent aux basques. De quoi refréner les clubs belges candidats. Pas Mouscron. Il faut dire que Rednic sait mieux que quiconque cultiver son réseau. Sa fi lle, Luana, est devenue agent depuis peu. C’est elle qui a notamment finalisé le passage de Harlem Bison Gnohéré du Dinamo Bucarest au rival du Steaua, plus tôt dans le mois. Sur ce dossier, elle a travaillé en étroite collaboration avec Anamaria Prodan, dont elle est une amie très proche. Or, cette dernière connaît très bien Fali Ramadani, l’un des deux patrons de l’Excel, qui fut l’agent de son mari lorsqu’il évoluait en Bundesliga (de 2000 à 2009, Reghecampf est passé par l’Energie Cottbus, Alemania et Kaiserslautern). Depuis cette époque, le couple est resté très proche de Ramadani. Il ne lui a pas fallu longtemps pour glisser le nom du père de Luana pour Mouscron. Il ne restait plus qu’à prendre contact avec Selak, l’homme de Ramadani au quotidien au Canonnier, pour voir ce qu’il pensait de Rednic. Deux jours plus tard, l’ancien internat iona l roumain signait à Mouscron.

Analyse – Pourquoi se fournir en Roumanie?

Le championnat roumain est encore accessible pour nos clubs. Les joueurs qui y évoluent ne sont pas encore prêts à prester en Italie, Espagne, Angleterre ou Allemagne. De plus, si les éléments roumains sont habitués à partir très jeunes de leur pays, ils ne s’adaptent pas si facilement que cela aux exigences du haut niveau. Ce qui fait fuir les grands clubs européens qui estiment qu’ils prennent plus de risques à miser sur un footballeur roumain que sur un footballeur scandinave ou issu de l’ancienne Yougoslavie! «Les footballeurs roumains rencontrent souvent des diffi cultés lorsqu’ils partent à l’étranger», expliquait l’économiste roumain Ioan Leasca à Sport/Foot Magazine. «Il n’est pas rare qu’ils rentrent rapidement au pays.» Ce que confi rme le journaliste de ProSport, Christian Scutariu. «On sait très bien que la génération actuelle ne vaut pas celle des années 90. Le rythme et l’engagement physique ne sont pas très élevés dans le championnat. Il est donc rare qu’un joueur roumain parte directement pour un club du top. Et quand c’est le cas, c’est davantage de la spéculation: ils prennent un jeune pour son potentiel et ils vont le louer à un autre club.» LA BELGIQUE, UNE ÉTAPE Cela laisse de la place à des compétitions comme la Pro League. «C’est un arrêt idéal pour eux. Ils vont dans un championnat au rythme plus élevé et à l’exposition plus grande. C’est un test. S’ils réussissent en Belgique, ils pourront alors viser plus haut», ajoute Scutariu. Il y a également le facteur salaire. Si Stanciu a coûté 10 millions d’euros, son salaire n’est pas si élevé: 900.000 euros (là où Adrien Trebel touche 1 million d’euros net). «C’est clair qu’avec Bruges ou le Standard, on pêche dans le même étang», dit Herman Van Holsbeeck. «Tout simplement parce que d’autres championnats nous sont devenus inaccessibles. Avant, il y avait beaucoup de Scandinaves en Belgique mais, maintenant, ils vont directement en Angleterre. Or, les clubs belges ne peuvent pas concurrencer les clubs anglais. La Roumanie reste un pays où on peut encore réaliser des bons transferts à des prix accessibles.»

Renard et Van Buyten ont activé leurs réseaux

Le Standard n’a pas utilisé la même voie pour attirer Razvan Marin. Pourtant, là aussi, les indices convergent vers Fali Ramadani, puisque, comme la plupart des joueurs de l’Académie Hagi, Marin est représenté par Pietro Chiodi, connu pour ses liens très étroits avec Ramadani. Pourtant, d’après nos infos, Ramadani n’a rien à voir dans ce dossier.

«Nous n’avons pas eu un seul contact avec lui», assure d’ailleurs Olivier Renard. À la recherche d’un numéro huit depuis plusieurs semaines, Renard a activé ses réseaux. Walter Sabatani, l’ancien directeur général de l’AS Roma, réputé pour ses bons coups lorsqu’il occupait cette fonction dans la capitale italienne, en fait partie. Renard, qui a ses entrées à l’AS Roma via le second gardien Morgan De Sanctis avec lequel il a joué, le connait depuis qu’ils ont négocié le transfert de William Vainqueur cet été. Si le deal a fi nalement capoté, une amitié est née.

Sabatini lui glisse à l’oreille plusieurs noms, dont celui de Marin, que Renard a déjà noté dans son calepin. En parallèle, Daniel Van Buyten prend contact avec Liviu Ciobotariu, son ancien équipier, pour voir ce qu’il pense de Marin. Pourtant, il faut encore négocier. Le prix demandé par le Viitorul Constanta est assez élevé vu que des clubs italiens sont disposés à mettre 3,5 millions sur la table. «On sait toujours qu’il est gonfl é en fonction des clubs intéressés», ajoute Renard. Sabatini explique à Hagi que le Standard pourrait être un bon port d’attache pour Marin. Le Standard arrive à faire descendre l’indemnité de transfert en dessous des 2 millions d’euros, consentant à Constanta 15% de pourcentage sur la plus-value à la revente.

Partagez
+1
Partages 0

Commentaires

Commentaires




Laisser un commentaire