L’heure de Goreux a de nouveau sonné

Un remplacement poste pour poste, sans doute: à Courtrai samedi, Aleksandar Jankovic, confronté à la suspension de Collins Fai, devrait relancer Réginal Goreux à droite. Comment celui-ci a-t-il vécu son long passage à vide et sa mise à l’écart? Son rôle a-t-il changé?

Réginal Goreux totalise, depuis le début de saison, 50 % de temps de jeu. Pourtant, la courbe s’est inversée d’importance depuis l’arrivée à Sclessin d’Aleksandar Jankovic, qui n’a eu recours à ses services que 14,2 % du temps, soit l’espace d’un match, à Geel en seizième de finale de la Coupe de Belgique, là où Yannick Ferrera avait tendance à lui témoigner une confiance presque aveugle et à faire de lui un titulaire inamovible. Pour Goreux, absent lors des trois dernières sorties du Standard (Eupen, Ajax et Anderlecht) de la liste des vingt joueurs sélectionnés par le technicien serbe, le décor a donc solidement changé.

Sur le terrain en tout cas. Car en coulisses, l’international haïtien a conservé son statut de leader, malgré un temps de jeu qui s’est réduit, depuis un mois et demi, à peau de chagrin. Ecouté et respecté par ses équipiers, Réginal Goreux l’est toujours autant, s’érigeant comme « le vrai capitaine du vestiaire, celui qui donne le ton », pour reprendre l’expression utilisée par ceux qui le côtoient au quotidien. Une réalité que Yannick Ferrera, malin, avait parfaitement appréhendée, faisant de son back droit son relais privilégié. Combien les deux hommes n’ont-ils pas échangé de coups de fil, dès l’instant où Ferrera passait systématiquement par Goreux lorsqu’il voulait prendre le pouls du vestiaire, solliciter un avis ou faire passer un message à son groupe ? Des relations étroites que l’intéressé n’a pas avec Jankovic, bien décidé à n’accorder à personne aucun privilège.

Principale victime, au même titre que Corentin Fiore, du changement d’entraîneur, intervenu le 6 septembre dernier, Réginal Goreux a donc perdu ses galons. Sans grande surprise, tant au sein de la direction sportive du club liégeois mais aussi du staff technique, certaines voix s’étaient déjà élevées pour réclamer la présence au poste de back droit de Collins Fai, dont les qualités de vitesse et de percussion étaient susceptibles de rendre de la vie à une équipe en souffrance. Sans grande surprise également parce que Goreux, déjà peu à son affaire en fin de saison dernière, était à la peine depuis la reprise de la compétition, comme l’a confirmé sa sortie, sa dernière en date d’ailleurs, le 21 septembre à Geel.

Malgré un temps de jeu réduit (14,2 %) depuis l’arrivée de Jankovic, l’Haïtien a conservé son statut de leader dans le vestiaire liégeois

Depuis, vingt-deux jours ont passé, qui n’ont pas plombé plus que cela le moral de l’international haïtien, conscient que s’il peut tirer son épingle du jeu lorsque son équipe tourne, comme cela avait été le cas lors de la saison 2007-2008 sous les ordres de Michel Preud’homme, il n’est en revanche pas capable de surnager lorsque le bateau prend l’eau. Mais si l’intéressé a vécu sa mise à l’écart de façon plutôt sereine, c’est aussi parce qu’il a le sentiment d’être resté, malgré un sort sportif peu enviable, un leader à qui sa direction fait régulièrement appel lorsqu’il y a des messages à faire passer. Goreux y voit une marque de respect à son égard, ce qui est très important à ses yeux.

Et puis, réfléchi et intelligent (il a investi dans plusieurs projets immobiliers), l’ancien joueur de Rostov, qui a l’art de savoir tout analyser savait que son heure sonnerait à nouveau et qu’il récupérerait, par belle ou par laide, du temps de jeu. Ce devrait être le cas samedi à Courtrai, mais aussi le 23 octobre contre Waasland/Beveren, Aleksandar Jankovic n’ayant guère d’autre solution (sinon faire passer Darwin Andrade à droite) pour pallier la suspension de Collins Fai, moins incisif et performant lors des deux dernières sorties du Standard, à l’Ajax Amsterdam et contre Anderlecht. Mais aussi lors des premiers rendez-vous de l’année 2017, au moment où Fai sera appelé à disputer avec le Cameroun la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations, programmée au Gabon du 14 janvier au 5 février. Sauf si, d’ici là, Aleksandar Jankovic profite du retour aux affaires de Milos Kosanovic pour opter pour une défense à trois dont on sait qu’il est un fervent adepte.

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