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Standard : à quand un trophée individuel ?

Le Standard a été le grand absent de la soirée du Soulier d’Or. Le club n’a plus gagné un trophée individuel depuis… 2009. Retour sur une interminable traversée du désert et explications. Pourquoi ce n’est pas le club liégeois qui s’est installé sur le toit de notre foot pendant dix ans, comme on l’avait pourtant prédit au moment des deux titres ?

Le Standard a fait le taf à Malines et on retiendra de ce match ces buts qui devraient rendre de la confiance à Mehdi Carcela et Felipe Avenatti. Il aurait suffi que l’équipe soit improductive dans ce match pour qu’on revienne en long et en large sur le départ de Renaud Emond. La direction et le staff ont évité ça. Les Liégeois ont maintenant deux rendez-vous abordables (Ostende et Courtrai) avant de disputer un quatre à la suite décisif pour leur classement au bout de la phase classique : Bruges, Genk, Antwerp et Charleroi en l’espace de 21 jours.

Milan Jovanovic et Dieumerci Mbokani ont été les deux derniers tueurs de Sclessin.

Deux jours avant de se déplacer à Malines, une délégation liégeoise a assisté au Gala du Soulier d’Or. On imagine que les gens de Sclessin n’espéraient pas y rafler un trophée. Mais on imagine, aussi, qu’ils ne s’attendaient pas à des verdicts aussi cruels. Dans tous les classements, il faut fouiller loin pour trouver un Rouche ( voir encadré). Il y a un an, Carcela faisait encore illusion au classement du Soulier d’Or en terminant deuxième derrière Hans Vanaken. Cette fois, le premier Liégeois, Razvan Marin, pointe à la douzième place. Il n’y a carrément que trois joueurs du Standard (Marin, Samuel Bastien et Zinho Vanheusden) dans le… top 40. Une misère. Confirmée dans les classements annexes avec par exemple la neuvième place, seulement, pour Michel Preud’homme dans le classement du meilleur entraîneur.

Cherche buteur

En 2009, après le deuxième titre consécutif, on écrivait que le Standard était parti pour régner sur le foot belge pendant dix ans au moins. En championnat, ça n’a jamais été confirmé. Le club a terminé trois fois comme dauphin du champion, et à côté de ça, il y a eu quelques grosses désillusions. Mais au niveau individuel, la traversée du désert est saisissante. On a beau éplucher le palmarès de tous les principaux trophées, aucune trace d’un Standardman. Plus de 60 prix individuels ont été décernés mais pas un seul n’a pris la direction de Liège.

Le fait que le club ait eu, entre-temps, peu de joueurs capables de claquer un grand nombre de buts est une partie de l’explication. Parce que le Soulier d’Or va presque systématiquement à un footballeur offensif, avec des stats personnelles au-dessus de la moyenne, ou à un milieu qui fait tourner la boutique et donne beaucoup de passes décisives. Depuis le dernier Soulier d’Or liégeois, Milan Jovanovic en 2009, il y a par exemple eu Mbark Boussoufa, Matias Suarez, Dieumerci Mbokani, Thorgan Hazard, Dennis Praet, José Izquierdo et Hans Vanaken au palmarès. Durant cette période, peu de joueurs du Standard ont été aussi décisifs et réguliers que ceux-là, en tout cas sur une année civile complète ou sur une saison entière. Jovanovic et Dieumerci Mbokani ont été les deux derniers tueurs de Sclessin. Et pour trouver le dernier Standardman lauréat du classement des buteurs, il faut carrément remonter à 1995 avec Aurelio Vidmar.

Qui dit tueur, dit grosse somme de transfert sortant. Et donc, les autres clubs du G5 qui révèlent un buteur ou un passeur génial le vendent rapidement à l’étranger pour un gros prix. Ce qui leur permet de recruter du lourd et de viser à nouveau haut au classement. Bruges a ainsi encaissé 25 millions sur le passage de Wesley à Aston Villa, Genk a reçu 20 millions quand Leandro Trossard a signé à Brighton, Anderlecht a touché 18,5 millions lors du transfert d’ Aleksandar Mitrovic à Newcastle. Bruges a aussi fait des affaires en or avec Arnaut Danjuma (Bournemouth, 18 millions) et José Izquierdo (Brighton, 15 millions). Ruslan Malinovskyi a rapporté 13,5 millions à Genk quand il est parti à l’Atalanta. Le club limbourgeois a capitalisé sur ses deux derniers titres en réalisant plusieurs opérations en or, comme Gand l’avait fait après son sacre en 2015. Pendant toute cette période, les deux seuls gros coups du Standard ont concerné les ventes de Moussa Djenepo et Razvan Marin.

Un fossé financier qui se creuse

C’est comme ça qu’un fossé se creuse. Le plus frappant, c’est l’écart qui ne cesse de grandir entre la vie quotidienne à Bruges et la réalité à Sclessin. Durant ces dix années où on prédisait la mainmise du Standard sur le football belge, le Club a enchaîné les succès, avec des titres nationaux et un nombre incalculable de récompenses individuelles.

Fossé au niveau des titres, et forcément au niveau des moyens financiers. Les deux clubs ont illustré leurs différences de budget durant la trêve. De chaque côté, un patron a été mis sur le grill. Pour le Standard, Alexandre Grosjean s’est exprimé dans la presse quotidienne depuis le stage en Espagne. Confronté à une question sur le départ de Renaud Emond à Nantes, il a répondu à Sudpresse : ” On a pris la meilleure décision en restant le plus rationnel possible. ” Traduction : ce départ en Ligue 1 fait du bien au joueur mais aussi aux finances précaires du Standard. Le club est dans une phase de dégraissage de son noyau et de réduction de sa masse salariale. Le départ de Sébastien Pocognoli, la fin de contrat de Réginal Goreux et les tractations pour vendre Paul-José Mpoku vont dans ce sens. Et pour donner une solution de plus à Michel Preud’homme, surtout en cas d’indisponibilité des indispensables Samuel Bastien et Gojko Cimirot, le Standard a acheté l’Israélien Eden Shamir. Dont coût : un peu moins de 2 millions d’euros.

Pour Bruges, c’est Bart Verhaeghe qui s’est prêté à l’exercice de l’interview sur les thèmes de la santé financière et des objectifs sportifs du club. Il s’est longuement confié, ce week-end, dans Het Laatste Nieuws. Et on passe directement dans une autre dimension. Un entretien en mode bulldozer. À la Verhaeghe. Son Club est au sommet en Belgique mais ça ne lui suffit pas. Le titre du reportage résume bien sa pensée : ” Désolé mais on ne va pas faire du surplace. ” Il évoque la refonte de la Ligue des Champions, le souhait des grands clubs européens de former une espèce de NBA, et dit : ” Bruges doit être prêt pour affronter un paysage redessiné. ” Là où la direction du Standard se montre frileuse par rapport à une BeNeLigue, Verhaeghe affirme que c’est la seule solution pour que notre football reste viable. Pour lui, une BeNeLigue est une très bonne réponse à la refonte de la Ligue des Champions. ” Au lieu d’avoir peur et de ne voir que les effets négatifs, chaque club devrait réfléchir au rôle qu’il pourrait jouer dans le football de demain “, dit-il à Het Laatste Nieuws.

Pour arriver à ses fins, le boss brugeois est prêt à beaucoup. Là où le Standard est forcé d’être prudent dans ses dépenses, le Club délie. Après les 8 millions dépensés l’été dernier pour Simon Mignolet et le même montant pour David Okereke, 12 millions ont été proposés pour le grand espoir argentin Adolfo Gaich. Et la direction a fait une tentative pour rapatrier Razvan Marin, comme un pied de nez aux Rouches. ” Je suis un entrepreneur, je ne veux pas mener une politique défensive “, dit encore Bart Verhaeghe dans le quotidien flamand. ” On doit oser si on ne veut pas rater le train. “

Les classements qui font mal

SOULIER D’OR

1 Hans Vanaken

2 Dieumerci Mbokani

3 Ruslan Malinovskyi

Premier Standardman : Razvan Marin 12e

MEILLEUR ESPOIR

1 Yari Verschaeren

2 Jonathan David

3 Sander Berge

Premier Standardman :

Zinho Vanheusden 5e

MEILLEUR GARDIEN

1 Simon Mignolet

2 Sinan Bolat

3 Hendrik Van Crombrugge

Premier Standardman :

Guillermo Ochoa 5e

MEILLEUR ENTRAÎNEUR

1 Philippe Clement

2 Laszlo Bölöni

3 Jess Thorup

Premier Standardman :

Michel Preud’homme 9e

L’historique qui fait mal

SOULIER D’OR

Dernier lauréat du Standard : Milan Jovanovic (2009)

Le G5 entre-temps :

– Bruges : 4 trophées (José Izquierdo, Ruud Vormer, 2x Hans Vanaken)

– Anderlecht : 4 trophées (Mbark Boussoufa, Matias Suarez, Dieumerci Mbokani, Dennis Praet)

– Gand : 1 trophée (Sven Kums)

FOOTBALLEUR PRO DE L’ANNÉE

Dernier lauréat du Standard : Milan Jovanovic (2008)

Le G5 entre-temps :

– Bruges : 5 trophées (Ivan Perisic, Carlos Bacca, Victor Vazquez, 2x Hans Vanaken)

– Anderlecht : 4 trophées (2x Mbark Boussoufa, Matias Suarez, Youri Tielemans)

JEUNE PRO DE L’ANNÉE

Dernier lauréat du Standard : Axel Witsel (2008)

Le G5 entre-temps :

– Bruges : 1 trophée (Wesley)

– Anderlecht : 3 trophées (2x Youri Tielemans, Yari Verschaeren)

– Genk : 1 trophée (Leon Bailey)

MEILLEUR BUTEUR

Dernier lauréat du Standard : Aurelio Vidmar (1995)

Le G5 entre-temps :

– Bruges : 4 titres (Mario Stanic, Robert Spehar, Ivan Perisic, Carlos Bacca)

– Anderlecht : 5 titres (Tomasz Radzinski, Nenad Jestrovic, Romelu Lukaku, Aleksandar Mitrovic, Lukasz Teodorczyk)

– Gand : 1 titre (Ole-Martin Aarst)

– Genk : 3 titres (Branko Strupar, 2x Wesley Sonck)

GARDIEN DE L’ANNÉE

Dernier lauréat du Standard : Vedran Runje (2006)

Le G5 entre-temps :

– Bruges : 2 trophées (2x Mathew Ryan)

– Anderlecht : 3 trophées (Daniel Zitka, 2x Silvio Proto)

– Gand : 3 trophées (Matz Sels, 2x Lovre Kalinic)

– Genk : 1 trophée (Thibaut Courtois)

ENTRAÎNEUR DE L’ANNÉE

Dernier lauréat du Standard : Laszlo Bölöni (2009)

Le G5 entre-temps :

– Bruges : 3 trophées (2x Michel Preud’homme, Ivan Leko)

– Anderlecht : 2 trophées (Ariel Jacobs, René Weiler)

– Genk : 2 trophées (Franky Vercauteren, Philippe Clement)

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