Yannick Ferrera: « Le Standard champion ? J’y pense… chaque jour »

On le dit arrogant, il est à coup sûr déterminé. Enfui de St-Trond pour l’Enfer de Sclessin, il a gratté la lanterne rouge avant d’entamer sa remontée. Et rêve de grands horizons. Encore et toujours. Yannick Ferrera passe « Sur le Gril d’Erik Libois« .

Le Standard est le club-vedette de ce mercato. Ayant soufflé le duo EdmilsonDompé sous le nez du champion gantois, le Malinois Kosanovic convoité par le tandem Anderlecht-Bruges et avec son médian brésilien Boschilia (Monaco) accusant 9 millions d’euros à la pesée, Sclessin donne le ton. « Le Standard champion en fin de saison, oui c’est possible  » ose Yannick Ferrera. « J’y pense même… chaque jour : on doit continuer sur notre lancée et si on accroche les play-offs 1, tout sera possible. » Comme un air de Standard 2011, parti de la 6e place… et champion si Thibaut Courtois n’en avait pas décidé autrement.

Le meilleur pour le Standard…

Ferrera a voulu Edmilson et Dompé au mercato, il les a obtenus.  » Ce sont davantage que de simples joueurs de contre, avec eux on peut devenir une équipe dominante. Ce ne sont pas que mes choix, la direction a validé ces profils : si un coach impose ses chouchous, il prend en otage son club.  » Sans pour autant céder à la pression de ses employeurs, où le Directeur Sportif Axel Lawarée et l’agent Christophe Henrotay (homme de confiance de Daniel Van Buyten) font concurrence de réseaux…

« À mon arrivée, j’ai dit que j’étais l’entraîneur qu’il fallait au Standard, je redirais exactement la même chose aujourd’hui. » Les résultats lui donnent raison, même si nombreux lui prêtent trop d’arrogance. « Je suis sûr de moi, c’est différent : j’ai des convictions qui fonctionnent, mes résultats parlent d’eux-mêmes. Je suis un tacticien mais surtout un motivateur : je trouve les mots qui percutent, le sport de haut niveau est d’abord du dépassement de soi. » Tout en concédant : « Je me focalise trop sur ce qui n’a pas marché, j’ai tendance à voir le mal partout, comme tous les coaches je suis un peu parano… »

Small is perfect

Sa voie, il a dû la tracer. Ayant conclu à 20 ans qu’il était trop court comme joueur, il s’est investi dans l’analyse. « Je dis toujours que j’ai 15 ans d’avance sur ceux qui deviennent entraîneur après leur carrière de joueur, je compense par mon travail mon manque de trajectoire. »

Face à un vestiaire, sa petite taille n’est pas un handicap à l’autorité. « Le charisme et la compétence ne sont pas une affaire de taille, on ne m’a jamais fait sentir un manque d’impact : en fait, avec moi, Dieu n’a pas eu besoin de beaucoup de glaise… pour faire de moi quelqu’un de parfait ! » (rires).

Il dort souvent à l’Académie Robert Luis-Dreyfus, à ressasser ses modules tactiques. Mais sans pression : « Je dors peu… mais bien : la pression, je ne la ressens pas encore, elle viendra si on poursuit notre remontée, jusqu’ici on venait de trop bas. » En bon Liégeois d’adoption, il s’est mis… au handball : « Ce sport m’inspire beaucoup pour des schémas d’infiltration, je ne veux pas trop en dire car je prépare des scénarios offensifs… »

Gosse de com

À 35 ans, il incarne aussi la nouvelle génération d’entraîneurs, plus en phase avec les codes des joueurs. « Quand je sors du bus avec mon walkman sur les oreilles, ce n’est pas pour soigner mon image ou lancer un message. J’ai besoin de m’isoler, et les joueurs sont aussi comme ça : c’est un modèle de concentration et de professionnalisme, et non l’inverse comme le disent souvent les entraîneurs plus anciens. Le respect, c’est tout donner à l’entraînement ou en match, ce n’est pas juste enlever sa casquette ou ses écouteurs… »

L’oiseau maîtrise aussi parfaitement sa communication. Quand il traite en public ses joueurs de « gamins de merde« , c’est pour les mettre au pied du mur et lancer un message aux tribunes. « Nos supporters sont pour la plupart des ouvriers, il faut les respecter : avant de dire ça face-caméras, je l’avait dit au vestiaire, après-coup les joueurs m’ont donné raison. »

Ferrera n’hésite pas à parler de plan de carrière : « Je veux gagner des titres avec le Standard, mais mon rêve c’est l’Angleterre : tout y respire la passion et l’engagement, en Belgique j’ai parfois du mal avec des joueurs qui vivotent leur petite carrière sans y aller à fond. » Même si le tacticien-né aura du taf s’il doit transmettre ses fondamentaux défensifs aux arrière-gardes de carton d’outre Manche…

Les remords, pas les regrets

À 13 ans, le jeune Yannick replaçait ses équipiers sur le terrain. En classe, il rédigeait sous son banc des résumés de matches qu’il avait vus et revus. « J’avais une cassette VHS de toutes les Coupes du Monde, j’analysais tous les joueurs et tous les buts, j’ai toujours eu cette soif d’en savoir plus. » Avec chaque soir un petit tour devant le miroir : « Chacun fait des erreurs, je fais aussi du mal aux gens, j’essaie d’apprendre des mes fautes mais toujours pour aller de l’avant : je préfère avoir des remords que des regrets. »

Alors le Standard champion ? « Je nous donne 20 à 30 % de chances… et je me répète souvent cette devise : « Il ignorait que c’était possible, alors il l’a fait« . C’est ce que j’essaie de transmettre au vestiaire… » Parole à Edmilson, Dompé, Trebel & Cie.

 » Sur le Gril « , une interview hebdomadaire d’Erik Libois à écouter sur Vivacité ce samedi à 22 h et ce dimanche à 16h30. En podcast également sur www.vivacité.be. Et dans La Tribune ce lundi 18 janvier.

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