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Runje reste la référence

Après un transfert annoncé avec fierté dimanche soir, Guillermo Ochoa a découvert son nouveau cadre de travail ce jeudi, devenant officiellement le deuxième Mexicain de l’histoire du club. Il poursuit une habitude de ces 20 dernières années : le recrutement d’un gardien étranger. Une « tradition » qui n’a pas toujours valu que du bonheur.

Jusqu’en 1996, la question du titulaire entre les perches liégeoises ne s’est jamais réellement posée puisque la solution venait toujours naturellement : les Nicolay (Toussaint puis Jean), Piot, Preud’homme et Bodart ont été pendant des décennies les gardiens du temple (à tous les sens du terme)… jusqu’au départ de Bodart pour la Gironde (qui allait revenir un an plus tard avant un départ définitif en 1998). A l’époque, le souvenir laissé par des gardiens étrangers (le Roumain Stelea pendant quelques mois en 93-94 ou le Serbe Simeunovic, doublure de Maes en 96-97) était plus que mitigé.

À son arrivée durant l’été 98, Vedran Runje (un des premiers transferts de l’ère Lucien) avait juste une vingtaine de matches à son compteur avec Hajduk Split et son prestige ne pesait pas lourd alors que le Standard venait de se séparer du (vieillissant) monument Bodart. « Je comprends le scepticisme des supporters », déclarait-il. « Je viens de Croatie, personne ne me connaît ici. Mais je ne fais pas de fixation sur Bodart. Je le connaissais mais je ne l’ai jamais vu jouer. La règle est la même partout : quand les résultats suivent, tout va bien et quand ils ne sont pas bons, les critiques pleuvent. »

Même s’il n’a pas gagné de trophée avec les Rouches, le Croate a accédé au statut de ses prédécesseurs : une norme de référence et pas uniquement parce qu’il détient le brevet d’invincibilité entre les perches liégeoises (724 minutes) en championnat. Si Runje a fait l’unanimité, on ne peut guère en dire autant de tous ceux qui sont passés après lui, hormis Sinan Bolat (qui a tout de même connu des hauts comme le titre en 2009 ou la Coupe en 2011 – et des bas quand des mauvaises langues le surnommaient Sinan Boulette) : le Croate Filip Susnjara, le Marocain Khalid Fouhami, l’Uruguayen Fabian Carini, l’Équatorien Aragon Espinoza, le Monténégrin Srdjan Blazic, le Japonais Eiji Kawashima, le Français Yohann Thuram… ou l’Espagnol Victor Valdés (l’Australien Michael Turnbull est en fait le 12e mais il n’a jamais joué une seule minute). L’ironie de l’histoire est de voir Espinoza (dont les petites erreurs sont généralement restées sans conséquences) et Victor Valdés au Panthéon du Standard pour avoir participé à la conquête de trophées récents (le premier titre après 25 ans pour Espinoza, la 7e Coupe pour l’Espagnol).

Depuis deux, trois ans, le Standard caresse l’espoir de voir percer un gardien du sérail. L’expérience n’a pas été poursuivie avec Guillaume Hubert. Arnaud Bodart manque encore de planches, Lilo Guarnieri est encore trop jeune. Jean-François Gillet et Guillermo Ochoa doivent assurer la transition. Le Mexicain arrive avec de belles lettres de noblesse. Celles de Valdés étaient magnifiques, celles de Thuram (2e meilleur gardien en Ligue 1) étaient comparables : malgré ses 82 buts, Ochoa est aussi celui a fait le plus d’arrêt en Liga la saison passée. Par rapport à Valdés, Ochoa est plus resté dans le rythme de la compétition (dont la récente Coupe des Confédérations). On jugera sur pièces l’autre bon numéro 1 pour reprendre les termes de Sa Pinto.

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