Roland Duchâtelet était obligé de vendre le Standard

S’il est vrai que le monde est un théâtre, le Standard reste sans doute la plus grande opérette qui n’ait jamais existé.

Entre le comique de boulevard et le théâtre de rue, la dernière pièce qui vient de s’y jouer aurait sans doute mérité une petite place à l’affiche du festival d’Avignon si l’un ou l’autre producteur avait connu à l’avance le scénario monté. Un mélange de Feydeau et de Labiche! Un spectacle à côté duquel Molière et Racine passeraient presque pour des marionnettistes un peu paumés!

Quelques jours après le changement de présidence, de nouveaux éléments viennent en effet éclairer le comportement de « l’artiste » Roland Duchâtelet. Au-delà de son adieu aux larmes, de ses tirades sur le temps qui passe et que nul ne peut rattraper, du vibrant « il ne me reste plus que quelques années de grande santé », le boss était tout simplement dans l’obligation juridique de vendre pour éviter que de lourdes taxes ne lui tombent subitement sur les bras.

Car, pour technique qu’elle soit, la vente du Standard n’en reste pas moins facile à comprendre. Au-delà de 5 années à la tête du club, Roland Duchâtelet savait qu’il se verrait automatiquement taxé sur la plus-value. Comprenez par là que les pouvoirs publics armés de leur meilleure moissonneuse-batteuse menaçaient tout simplement de venir se servir dans les caisses de Sclessin dans le cas d’une revente éventuelle à l’été 2016 ou après (Duchâtelet étant en place depuis 2011, les 5 années auraient alors été dépassées). Pour éviter d’être sèchement sucé par le fisc, il fallait donc vendre cet été…ou jamais.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Roland Duchâtelet choisit finalement de vendre le club à perte en encaissant toutefois un montant net plus important que s’il avait opté pour l’idée de vendre le Standard sans perte mais un an après (les taxes lui bouffant alors une bonne partie de sa recette). D’autant qu’entretemps, chacun se souviendra que 20 millions d’euros de dividendes avaient déjà été tirés, assurant à l’ancien président un bénéfice notoire.

Restait toutefois à comprendre son obsession à nommer Bruno Venanzi comme successeur alors même le groupe Value 8 semblait à même de déposer une offre bien plus élevée. L’argument de l’ancrage local avancé par Duchâtelet (« Je voulais que le Standard soit entre de bonnes mains ») sentait sans doute bon l’eau de rose mais rappelait davantage un épisode du journal de Mickey que la réalité. Car le choix de Venanzi semble draper d’autres intérêts.
Du temps de sa présidence, Roland Duchâtelet a consenti d’énormes investissements financiers autour de Sclessin. La présence du patron de Lampiris dans l’immobilier devrait l’aider à récupérer les billes placées par l’ancien président dans plusieurs infrastructures et bâtiments. CQFD.

Suivant quel processus? Suivant quel montage financier?
À Sclessin, le mystère se cultive décidément mieux que cette pelouse du stade éventrée dès le mois de février. Et le mystère n’est pas prêt de se lever puisqu’une clause de confidentialité liera juridiquement Bruno Venanzi à Roland Duchâtelet au cours des trois prochaines années. Un Duchâtelet qui, dans l’intervalle, continuera sagement de se rembourser…

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