Les nouveaux ont pris le pouvoir !

Le Standard et Anderlecht ont été hyperactifs lors du mercato estival avec respectivement douze et dix transferts. La base des deux équipes repose désormais fortement sur ces nouveaux…

Un gardien, trois défenseurs, quatre médians et quatre attaquants, le mercato estival du Standard, qui s’est déroulé en deux phases, à savoir avant le début du championnat et tout à la fin de la période des transferts, a été quantitatif et bien réparti. Mais ces douze nouveaux joueurs, dont quatre en prêt, ont grossi le noyau à 33 éléments puisque les départs ont été peu nombreux. Parce que la demande n’était pas là et parce que le Standard n’entendait pas se séparer de joueurs, temporairement ou à titre défi nitif, à n’importe quel prix. Il n’empêche que c’est avec trois équipes potentielles que Jankovic doit former son meilleur onze de base. Et visiblement, en moins d’un mois, il a déjà dessiné les contours de son équipe-type puisqu’il vient d’aligner la même composition contre Eupen, puis l’Ajax, et qu’elle ne devrait être pas trop différente pour le Clasico. Cela fait donc beaucoup de malheureux dans un groupe où seuls 20 joueurs ont déjà reçu un statut de titulaire pour démontrer leur potentiel. Autant écrire que le mercato hivernal risque lui aussi d’être animé, mais dans le rayon sorties cette fois-ci.

Ceux à revoir

Ils sont six à ne pas avoir actuellement le statut de titulaire tout en ayant eu l’occasion de faire quelques apparitions. Le plus convaincant? Soares. Le défenseur a montré qu’il pouvait être un excellent substitut à Scholz. Cissé aurait pu l’être aussi. On lui avait quasiment promis une place dans le onze de base l o r s qu’ i l est revenu dans son club formateur. Mais c’était sans compter sur la rébellion d’Enoh qui, en retrouvant ses sensations par l’enchaînement d e s matches, s’est imposé tant sous Ferrera que Jankovic. Offensivement, Mbenza et Orlando Sa ont encore tout à prouver. Leur présence à Sclessin a toutefois rejeté Ryan Mmaee parmi les utilités du club. Ce que certains regrettent en tenant compte du potentiel de la promesse de l’Académie. Reste alors Touré et Elderson. Le premier n’a pas affiché les meilleures dispositions à son arrivée et a vite été boudé par Ferrera. Jankovic le reprend de temps à autre mais on se demande si, comme Yattara, le médian ne risque pas de voir son séjour écourté en bord de Meuse puisque, sous les ordres du coach serbe, il n’a joué que deux minutes contre Eupen. Quant à Elderson, son cas est différent. Prêté par Monaco, le latéral gauche est surtout là parce que le club principautaire a pris ses précautions par rapport à Andrade qui est en appel d’une suspension de 4 mois. Le tribunal arbitral du sport devrait rendre son verdict dans environ six semaines.

Ceux qui ont un impact

Quand on se demande quelle bonne pioche le Standard a réalisé durant son mercato estival, quatre noms viennent facilement : Jean-François Gillet, Konstantinos Laifis, Benito Raman et Ishak Belfodil. Ce n’est pas une surprise puisque dans l’équipe-type qui se dessine depuis l’arrivée d’Aleksandar Jankovic, ce sont précisément les quatre éléments qui viennent compléter une formation dont les autres éléments étaient déjà présents la saison dernière. Depuis l’arrivée de Jean-François Gillet, plus personne ne parle de Guillaume Hubert. Il ne se passe plus un match durant lequel le vétéran ne sorte un ou des arrêts déterminants. À l’exception du but encaissé contre Vigo, le staff technique n’a rien à reprocher à un joueur qui n’est visiblement pas venu à Sclessin pour y terminer sa carrière même s’il y a signé un contrat de deux ans. En fin de saison dernière, la blessure au genou de Milos Kosanovic a obligé le Standard à sonder le marché pour trouver un nouvel arrière central. Olivier Renard suivant le Chypriote Laifisdepuis deux ans, il est parvenu à l’attirer à Sclessin où les doutes liés à une pubalgie ont vite été levés grâce à des prestations convaincantes. Précieux tant à l’anticipation qu’à la relance, il n’est pas pour rien dans le bon bulletin défensif que présente le Standard actuellement. Offensivement, Benito Raman et Ishak Belfodil forment un duo qui plaît au public de Sclessin. Ce ne sont certainement pas les meilleurs techniciens du monde, mais leur esprit de battant s’inscrit dans l’ADN du club. Il n’en reste pas moins que leurs titularisations privent le club principautaire d’un vrai buteur qu’il ne possède visiblement plus dans ses rangs malgré la présence de 7 attaquants.

Ceux qui n’ont pas encore joué

Parfois, pour juger de la valeur de certains éléments, et à défaut de les voir évoluer avec l’équipe première, il convient de se rendre au match des Espoirs. Et parfois aussi c’est suffisant pour comprendre pourquoi l’un ou l’autre n’est pas repris par l’entraîneur. C’est le cas de Farès Bahlouli. Le joueur franco-algérien possède une belle carte de visite en étant issu du centre de formation de Lyon et en appartenant à Monaco. Mais sur le rocher, son temps de jeu était limité. D’où son prêt à Sclessin où il n’a pas encore disputé la moindre minute parce qu’en Belgique, il ne suffit pas d’être un technicien. S’il ne mouille pas plus son maillot, en Espoirs ou à l’entraînement, Bahlouli risque de retourner à Monaco avec le même bilan que Boschilia. Autrement dit un échec. Un autre renfort estival n’a pas encore eu le moindre temps de jeu. Le médian offensif brésilien Wallyson Mallmann, prêté par le Sporting Portugal, retardé aussi par une blessure, évolue dans un secteur où la concurrence est rude à Sclessin entre Trebel, Enoh, Cissé voire Touré et… Bahlouli. Et comme Jankovic avance très rapidement dans la découverte du groupe à sa disposition, le retard pris à l’allumage risque d’être difficilement comblé.

ANDERLECHT : UNE ATTAQUE COMPLÈTEMENT REMANIÉE

On a assisté à une grande lessive l’été dernier à Anderlecht.Jamais le noyau n’avait connu autant de modifications en si peu de temps. De tous les joueurs arrivés durant ce mercato estival, certains ont déjà apporté un plus indéniable comme Lukasz Teodorczyk ou Sofi ane Hanni. Mais d’autres en gardent encore sous la pédale. Et on ne peut s’empêcher de penser qu’il manque encore un défenseur central gaucher, tandis que le départ de Silvio Proto risque d’encore coûter pas mal de points, du moins dans un premier temps.

Ceux à revoir

Hamdi Harbaoui est arrivé pour prendre la place d’Idrissa Sylla dans l’effectif, à savoir comme doublure de Lukasz Teodorczyk. Le risque financier est nul, vu qu’il a cassé son contrat à l’Udinese et qu’il est venu gratuitement. René Weiler n’a pas perdu au change. Car, même si Idrissa Sylla était très efficace par rapport à son faible temps de jeu, le Tunisien a tout de même déjà fait ses preuves en Belgique. Son sens du but n’est plus à prouver. Au niveau du caractère, il est par contre plus ambitieux. Jeudi soir à Saint-Etienne, il n’a cependant pas marqué des points. Non seulement, il a manqué plusieurs occasions faciles. Mais il a surtout perdu le ballon, qui a conduit à l’erreur de Davy Roef et à l’égalisation stéphanoise. En Espagne, plus personne ne croyait en Diego Capel. Ex-international, l’ancien joueur du FC Séville avait disparu de la circulation depuis ses passages au Sporting Lisbonne et à Genoa. Depuis qu’il a déposé ses bagages à Bruxelles, il a déjà inscrit deux buts et donné une passe décisive. Des statistiques qui sont déjà meilleures que lors de ses deux dernières saisons cumulées. Il obtient en tout cas pour le moment la préférence sur Massimo Bruno. Avec son transfert à dix millions d’euros, Nicolae Stanciu était forcément attendu au tournant. Lors de ses deux premières apparitions, le Roumain avait été flamboyant. Mais, depuis, il est sous le feu de la critique. Tant contre Westerlo qu’à Saint-Etienne, il s’est montré très brouillon et imprécis, et a sans cesse fait les mauvais choix. Mercredi soir, en conférence de presse, René Weiler l’a pour la première fois critiqué ouvertement. Son compatriote Alexandru Chipciu était évidemment moins attendu. Il a très bien débuté sur le flanc droit mais, un peu émoussé, il a quelque peu perdu de sa superbe.

Ceux qui ont un impact

Personne ne connaissait vraiment Lukasz Teodorczyk quand sa location a été officialisée. L’attaquant polonais n’avait plus envie de perdre son temps en Ukraine, où la situation politique reste instable. Ses débuts avec Anderlecht ont été flamboyants. En marquant 7 buts lors de ses 7 premières titularisations, il a battu un record dans l’histoire du club. Il n’a plus marqué depuis trois matches, mais reste très utile car il travaille énormément pour un attaquant de pointe. L’autre grande réussite de ce mercato, c’est Sofiane Hanni. Le médian algérien n’a pas eu besoin de temps d’adaptation et s’est d’emblée montré aussi efficace qu’à Malines (5 buts et 4 passes décisives). Il sera évidemment le grand favori au prochain Soulier d’Or. Beaucoup de doutes entouraient l’arrivée d’Uros Spajic, vu son expérience catastrophique à Toulouse. Or, pour le moment, c’est une bonne surprise. René Weiler en a fait son back droit de fortune, suite à la blessure de Dennis Appiah et à l’essai non-concluant de Stéphane Badji. Et il s’en est remarquablement sorti. Dès sa première titularisation, il a donné une passe décisive, ce qui ne lui était plus arrivé depuis deux ans face à Lille. Pour le moment, il n’a pas encore déçu. On attend de le voir à sa vraie place, dans l’axe de la défense. Pour un transfert effectué dans l’urgence, c’est une réussite. Suite à l’abandon de la piste Nicolas Lombaerts, Herman Van Holsbeeck avait fait entière confiance à Mogi Bayat. Les premiers contacts avec Toulouse avaient eu lieu à 15h le dernier jour du mercato, et à 17h30 le joueur était déjà à Neerpede. Enfin, on peut également citer Dennis Appiah. Arrivé du SM Caen, avec qui il avait été le seul joueur de champ à totaliser 100% de temps de jeu en Ligue 1 la saison passée, il s’est directement imposé au poste de back droit. Malheureusement pour lui, il a été arrêté par une fissure au tibia.

Ceux qui n’ont pas encore joué

Si Massimo Bruno est revenu en Belgique, c’est parce qu’il ne se reconnaissait pas dans le projet qu’on lui proposait à Leipzig. Il avait rejoint le groupe Red Bull avec l’espoir de faire son trou en Bundesliga. Mais, au final, il a été cocufié. Il a d’abord dû patienter un an dans l’antichambre. Et, lors de la montée de Leipzig parmi l’élite, il n’a jamais eu son mot à dire et a été mis sur le côté par Ralph Hasenhüttl. On attend de lui qu’il retrouve le niveau qui était le sien lors du dernier titre d’Anderlecht. Motivé à bloc par Besnik Hasi, il avait été l’homme des playoffs. Ce qui lui avait d’ailleurs offert ce transfert à Salzbourg pour une somme colossale, grâce à Mogi Bayat et Benoît Thans. Mais on en est encore loin pour le moment… Idrissa Doumbia n’a pour le moment été titularisé qu’à deux reprises. La première, c’était à Mouscron, lors de la première journée de championnat, et alors que le départ de Steven Defour se profilait. Les qualités, il les a. Mais il y a tout de même un petit problème de mentalité chez lui. En Coupe, face à OHL, c’était déjà beaucoup moins brillant et bien plus nonchalant. Il a encore du boulot avant de devenir le « nouveau Yaya Touré » que certains voient en lui. Emmanuel Sowah est pour sa part monté à quelques reprises. Il n’est considéré que comme une solution de remplacement au back droit, mais René Weiler lui préfère actuellement Uros Spajic.

Commentaires

Commentaires




Laisser un commentaire