Mujangi Bia vide son sac, le Standard lui répond

Après un long silence lié à son avenir, Geoffrey Mujangi Bia a décidé de communiquer ce vendredi soir. L’ailier du Standard dit tout ce qu’il a sur le cœur.

De son côté, et dans le même quotidien, le Standard a apporté quelques éléments de réponse : « Le joueur a le droit de s’exprimer et le club ne l’a jamais empêché de le faire. Si son objectif est de faire cette démarche vis-à-vis de nos supporters, c’est positif. Sur le contenu, Geoffrey donne dans ce communiqué sa version des faits. Nous ne souhaitons pas en dire davantage car l’objectif du club est de clore cet incident et repartir sur des bases saines avec Geoffrey. »

Le communiqué en question :

« Cher public,

Depuis que j’ai été exclu du noyau professionnel, j’ai respecté ma sanction – même si je la trouvais disproportionnée – et j’ai gardé le silence – malgré les multiples déclarations faites par la direction et l’entraîneur du Standard de Liège. Ce vendredi, après une nouvelle réunion avec la direction de mon club, j’estime qu’il est temps de vous donner ma version de tout ce qui s’est passé.

Le point de départ remonte à mon passage mi-mai dans l’émission La Tribune, sur la RTBF. Interrogé sur mon avenir, j’avais déclaré que j’avais le sentiment d’avoir fait le tour au Standard et que j’étais prêt pour un nouveau challenge sportif. Directement, certains dirigeants du Standard ont utilisé cela contre moi, en disant que je voulais absolument partir, alors que cela correspondait simplement à un accord que j’avais avec le président Roland Duchâtelet: faire deux saisons au Standard de Liège puis envisager un départ. Comme je restais sur deux bonnes saisons, il était logique de vouloir mettre ce plan en application pour franchir un palier.

Durant la préparation, j’ai démontré que je n’étais pas pressé, pas préoccupé par un transfert. On l’a vu dans les matches amicaux, j’étais impliqué, j’ai marqué. Mais les mêmes personnes continuaient à dire que je voulais partir. Cela véhiculait une fausse information auprès des supporters avec qui la relation s’était considérablement améliorée ces derniers mois. J’ai donc sollicité un entretien avec la direction. Comme il y avait un nouveau président, je voulais clarifier la situation en leur demandant quel était leur projet sportif: si l’ambition du club était de jouer le titre, cela pouvait coller avec ma volonté de relever un challenge sportif plus élevé. En me proposant de nouvelles conditions liées à l’objectif d’être champion et en me confiant un nouveau statut, avec plus de responsabilités, le Standard pouvait me convaincre de rester.

Cela s’est passé deux jours avant le match amical à Virton. C’est à la mi-temps de ce match que j’ai eu une altercation verbale avec l’entraîneur. Je n’aurais peut-être pas dû parler comme je l’ai fait, mais on sortait de la semaine la plus dure de la préparation, il faisait chaud et, surtout, on jouait très mal. J’ai parlé dans un but constructif, pour le bien de l’équipe. Le lundi, il y a eu une deuxième altercation, dans la lignée de la première: j’ai dit au coach qu’il ne devait pas parler comme il l’avait fait devant le groupe et qu’il pouvait venir me trouver pour me parler. On aurait pu régler tout cela en interne, mais le coach et la direction m’ont sanctionné publiquement. Une sanction disproportionnée: sportivement, cela fait trois semaines que je m’entraîne avec les jeunes (U21, U19, U16…), pratiquement sans toucher le ballon, mais je suis resté exemplaire. Financièrement, on parle d’une sanction à cinq chiffres. Et mon image a été ternie car on m’a fait passer pour un joueur qui voulait forcer son départ alors que je pouvais partir par la grande porte.

Je n’ai jamais réagi alors qu’il y a eu une succession de déclarations contradictoires: le coach disait que c’était fini pour moi, la direction disait que je pouvais rester si je m’excusais. Cette semaine encore, on a dit que je devais reprendre l’entraînement lundi, mais en disant que je devais d’abord faire des excuses. Concernant mon transfert, la direction disait un jour qu’il n’y avait pas d’offre mais le lendemain il y en avait qui ne convenaient pas. Puis il y en avait qui convenaient et le transfert allait se faire dans les 10 jours. Je n’ai pas refusé de reprendre avec le groupe, mais je ne pouvais pas le faire tant que la situation n’était pas claire.

Nous nous sommes donc revus ce vendredi: vu le préjudice que j’ai subi, j’ai proposé des excuses communes et une communication commune. La direction du Standard m’a demandé de reprendre les entraînements lundi. Je me donne le temps de la réflexion: je veux jouer dans un club où le contexte est propice et où je peux m’exprimer au mieux sur le terrain. Est-ce encore le cas au Standard? Je me pose la question, d’autant que via mon agent j’ai des offres à l’étranger, concrètes et écrites. Nous verrons donc bien ce qu’il adviendra après un week-end de réflexion… et, je l’espère, une victoire de mon équipe!

Merci pour votre compréhension,

Geoffrey Mujangi Bia »

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