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Les coulisses du mercato

La dernière soirée du mercato liégeois ne s’est pas spécialement déroulée comme prévu. Récit des dernières heures durant lesquels le Standard a dû changer son fusil d’épaule à une reprise.

Neuf transferts cet hiver en comptant la levée de l’option d’achat sur Dossevi, dix cet été, le Standard n’a pas spécialement misé sur la continuité en cette année 2016. On ne s’attendait pas à voir le club principautaire aussi actif depuis la fin de la saison 2015-2016. Pourtant ce fut le cas. Et en deux temps. « Avant le début du championnat, on a voulu résoudre le problème concernant notre contingent de joueurs belges », explique Olivier Renard en quittant Sclessin dans la nuit de mercredi à jeudi. «Sur les six joueurs transférés, quatre étaient belges. Cela nous a laissé plus de libertés pour la fin du mois d’août. »

Et plus particulièrement pour cette dernière journée dont on se doutait bien qu’elle serait animée à Sclessin. Avec même des rebondissements. Le club a ainsi dû gérer en parallèle différents contrats avec des agents et joueurs répartis dans différentes pièces, Bruno Venanzi passant de l’une à l’autre pour tenter d’avancer dans les dossiers. Le premier, vite réglé, fut celui de l’arrière gauche Elderson Echiejile. Un choix étonnant dans la mesure où on pensait le poste comblé avec Fiore et Andrade. « C’est très simple, en interne nous savons parfaitement pourquoi nous l’avons engagé », a expliqué le directeur sportif du Standard sans vouloir en dire plus sur le sujet. «Il y a des situations où un club doit pouvoir anticiper. » La suite fut beaucoup moins évidente. D’abord avec Farès Bahlouli que le club a fait entrer dans les bureaux par une porte dérobée et caché dans une voiture.

Quelques instants plus tard, son entourage pénétrait dans l’immeuble par l’entrée officielle. Pour en ressortir sous le coup de 22 heures en restant énigmatique. Le transfert est-il conclu ? « Demandez au président », lança l’agent du joueur avant de s’engouffrer dans la voiture et de quitter le stade pour réapparaître une heure plus tard en vue de finaliser le deal. Que s’était-il passé entre-temps ? Visiblement, ce sont des problèmes entre le joueur et Monaco qui avaient freiné la négociation. Pendant ce temps, l’attaquant Martin Pusic et sa compagne étaient eux aussi dans les bureaux. Puis l’Autrichien, visiblement courroucé, est sorti sur le parking pour donner quelques coups de fil sous les yeux médusés de son agent Dudu Dahan. Il réintégrait les bureaux pour s’entendre dire que la transaction ne se réaliserait pas tout simplement parce que l’attaquant voulait plus d’argent – on parle du double – que ce qui avait été initialement convenu avec son agent. Une manière de travailler que n’a guère apprécié le président du Standard qui a poussé… son manager à trouver une autre solution. Il proposa dès lors Orlando Sa qui figurait aussi sur les tablettes du club principautaire.Et le deal s’est réalisé à distance pendant que Pusic attendait la fin du mercato dans les couloirs. En sortant, il expliquait ne pas être déçu et « que c’était le football ». En attendant, il a perdu une belle occasion de quitter le Danemark et, dans la foulée, a peut-être perdu son agent. Arrivé au stade avec un collaborateur de celui-ci, il a été prié, après minuit, de sortir du coffre la valise de sa compagne et la sienne – preuve qu’il comptait bien être transféré au Standard – pour aller attendre sur le trottoir la venue d’un taxi.

Quelques instants plus tard, la direction du Standard au grand complet éteignait les lumières dans les bureaux. Comme il y a un an avec les transactions de Dossevi et Yatabare dans la dernière heure du mercato, la soirée avait été agitée. Mais les dirigeants s’estimaient satisfaits. « On avait plusieurs objectifs et on les a remplis », soutenait Olivier Renard. «Quand des choses ne tournent pas comme on veut, un club doit être préparé à avoir plusieurs joueurs sous la main et c’était un peu le cas. Par exemple, concernant l’attaquant, il n’y avait pas forcément un choix numéro un et un choix numéro deux, mais il y en a un qui était plus facile à faire venir que l’autre pour négocier en direct. Je suis dès lors très content avec l’arrivée d’Orlando Sa qui a déjà une grosse expérience en ayant évolué dans différentes compétitions. Et on recherchait ce vécu en plus de ses stats car c’est un vrai buteur. Ce n’est pas le même profil que Santini car il bouge plus et est plus technique. » Olivier Renard s’éclipsait alors dans la nuit. Le lendemain matin, il était déjà de retour pour finaliser deux autres transferts.

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