Jankovic prêt pour son baptême du feu

Le successeur de Yannick Ferrera entre dans l’arène de Sclessin. S’il ne veut pas encore parler des ambitions ou d’un système précis, il ne veut qu’une chose : gagner dimanche.

Dimanche, sur le coup de 20h, Aleksandar Jankovic (44 ans) fera sa joyeuse entrée à Sclessin. Un peu avant 22h, le nouveau coach, la direction et les supporters auront une première esquisse de l’implication du successeur de Yannick Ferrera qui pourrait être stressé au moment de passer pour la première fois devant un jury aussi riche. « Je suis plutôt impatient », sourit le Serbe. « Comme je le suis chaque matin avant de commencer l’entraînement. Le jour où ce sentiment ne m’envahira plus, il sera temps de mettre un terme à ma carrière d’entraîneur. Pour le reste, je me critique toujours plus que les journalistes les plus sévères car je veux en permanence progresser. » En trois jours et quatre entraînements, Jankovic n’a eu que peu de temps devant lui pour mettre quelque chose en place. Surtout avec l’enchaînement des rencontres qui s’annonce. « Ce n’est pas le contexte idéal mais je ne vais pas pleurer non plus car ce sont des rencontres face à des oppositions relevées. Pour l’instant, j’essaye de faire passer mon message. » Et de prendre le pouls de son groupe. « Je suis quelqu’un d’assez proche avec ses joueurs et je n’ai pas l’impression d’avoir un groupe qui doute. »

« LA QUALITÉ EST LÀ »

Cela, c’est pour l’aspect mental. Reste l’autre face, la qualité. Est-elle suffisamment présente dans le noyau pour atteindre l’objectif avoué du Top 3 ? « Ce groupe a les qualités pour s’imposer, dimanche, contre Genk. Et quand Kosanovic reviendra de blessure, il y en aura encore plus. Et c’est la seule chose qui m’importe en ce moment. Il est en effet encore très difficile de se prononcer sur ce qui va arriver en mars car l’échéance est encore lointaine. »

1 – Système : « Permettre au Standard d’être le patron sur le terrain »

Le Standard évoluait majoritairement ces derniers temps en 4-2-3-1. Quelle va être l’approche du nouvel entraîneur des Rouches en sachant que, par exemple, suite au prêt de Benjamin Tetteh à Slovacko, le groupe comprend désormais sept attaquants dont Renaud Emond et Mohamed Yattara qui, eux, n’ont pas été inscrits sur la liste pour l’Europa League. « Je ne suis jamais focalisé sur un système bien précis car celui-ci peut évoluer en fonction des circonstances. Et je ne pense pas d’ailleurs que ce soit le moment idéal pour tout chambouler car nous allons enchaîner des matches tous les trois jours. Cela dit, il y aura évidemment des évolutions car un coach a toujours sa vision personnelle des choses. Je vais en tout cas essayer de construire sur base, par exemple, du mouvement des joueurs. Je veux en fait élaborer un système qui permet au Standard d’être le patron sur le terrain. » Mais cela ne se fera évidemment pas aussi rapidement vu le programme chargé qui attend les Rouches que ce soit en championnat, en Coupe ou en Europa League. « En trois jours, j’ai pu faire passer quelques messages au groupe en termes, par exemple, d’automatismes. Et nous avons connu une bonne semaine avec un groupe que j’ai trouvé motivé. Quant à l’opinion générale du public sur notre travail, elle ne sera faite que par rapport à ce qu’il verra dimanche soir, contre Genk. »

2 – Noyau : « 33 joueurs ? On aura besoin de tout le monde »

Le Standard a-t-il vu trop grand ? Sans doute. Le vestiaire de l’Académie ne comportait que 30 casiers pour… 33 joueurs suite au prêt de Tetteh. Jankovic étant désireux d’avoir tout le monde sous la main, l’intendance a dû, daredare, rajouter trois armoires supplémentaires. « L’avantage est que nous allons jouer tous les trois jours », dit Jankovic. « Ainsi, si deux tiers du vestiaire ne sera pas impliqué dans un match, nous aurons 20 joueurs frais pour le suivant. Avec une concurrence saine dans laquelle tout le monde suit les mêmes objectifs, on aura besoin de tout le monde pour jouer sur les trois tableaux. Maintenant, dans la gestion hebdomadaire, j’entends diriger les deux derniers entraînements avec un groupe réduit. Ce vendredi, après une partie collective, c’était un groupe de 20 joueurs car nous avons fait une opposition. Et parmi ceux qui étaient à part, il y en a qui entreront en concurrence avec les autres pour le match de jeudi contre Vigo. Vous savez,
un joueur qui enchaîne les rencontres tous les trois jours peut à un moment plonger physiquement. Dans ces conditions, on pourra injecter de l’énergie avec un autre tout en gardant la même idée tactique. » Cela sous-entend donc un système de rotation.« J’alignerai chaque fois les joueurs capables de donner ce dont on a besoin en fonction du contexte du match. Dire qu’on aligne sa meilleure équipe est toujours très relatif car celle-ci évolue en fonction des circonstances. Cela dit, je ne vais peut-être pas aligner la même équipe deux fois de suite, mais je ne vais pas changer sept ou huit joueurs du jour au lendemain. »

3 – Genk : « Le premier objectif n’est pas de séduire le public »

A son compteur, le Standard ne compte qu’un seul succès en cinq matches : contre Saint-Trond, à huis clos. Dimanche, c’est un morceau de choix qui se présente à Jankovic qui devra venir à bout de Genk s’il veut réussir sa joyeuse entrée en Principauté. Mais finalement, quelles sont ses attentes en sachant que, dans la même situation il y a un an, Yannick Ferrera parlait de rencontres
de préparation pour découvrir son groupe ? «Je veux un résultat. Je ne veux pas que, si on perd, on se cache derrière deux ou trois tacles pour dire que la mentalité était positive. C’est un match important face à une formation en confiance, bien rodée, présentant des qualités individuelles et une bonne organisation. On va devoir imposer notre rythme et jouer avec du caractère. Le premier objectif n’est certainement pas d’offrir du football champagne pour séduire le public, mais de tout faire pour gagner. Si on commence à penser en termes de séduction, on va perdre l’idée principale qui est de construire une équipe avec une mentalité exemplaire. On va devoir tout donner avec envie en se focalisant sur l’effort et pas sur les erreurs. Bref jouer sans se poser de questions. »

4 – Le staff : « Thierry Verjans comme adjoint, c’est mon choix »

Le staff technique du Standard a forcément bien changé cette semaine avec l’intronisation d’un nouveau coach. Yannick Ferrera est parti, entraînant dans son sillage les départs de Yann Danielou et de William Still. Dans l’autre sens, un seul changement en plus de la prise de pouvoir d’Aleksandar Jankovic, la montée en grade de Thierry Verjans dans un rôle d’adjoint et sur un même plan qu’Eric Deflandre. «C’est mon choix. J’ai un grand respect pour Thierry Verjans et il fera le lien entre l’équipe première et l’Académie Robert Louis- Dreyfus. Ce travail avec les jeunes est quelque chose d’important car le Standard est un club formateur qui lance des joueurs. Pour y arriver, nous devons tous voir les choses de la même façon au sein du club. Que ce soit à Belgrade, avec les espoirs de la Serbie ou récemment à Malines, je me suis toujours appuyé sur les jeunes quand ceux-ci osaient prendre leurs responsabilités. A cet instant, les anciens doivent alors les encadrer. Maintenant, je ne sais pas encore si nous allons engager un analyste vidéo. »

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