Interview. Paul-José Mpoku : « Je préfère avoir cinquante sélections avec le Congo que cinq avec la Belgique »

Attaquant international de Chievo Verone en Italie, Paul-José Mpoku a accordé un long entretien exclusif au quotidien Les Dépêches de Brazzaville. L’on note que sur sa page officielle Facebook, il a rendu hommage à Papa Wemba avec ces mots : «Hommage à une légende de la RDC ! Mon soutien et mes condoléances à la famille».

Les Dépêches de Brazzaville : Vous avez effectué votre première apparition avec les Léopards de la RDC à Luanda contre l’Angola. Vos impressions ? 

Paul-José Mpoku : Oui, j’ai fait ma première apparition, malheureusement pas comme je l’aurais souhaité, à cause de mon entorse à la cheville, mais c’est comme ça. Je suis très fier de faire partie de cette nouvelle génération ambitieuse avec de grands objectifs. À nous maintenant de faire le travail pour y arriver.

LDB : La double victoire sur l’Angola propulse la RDC à la tête du groupe B avec 9 points. Vous êtes entré aux ultimes minutes du match, c’était pour vous garer définitivement pour le Congo Kinshasa ou jouer un rôle précis ?

P-JM : Comme vous dites, on est maintenant premier du groupe, il reste deux matchs importants, notamment le prochain contre Madagascar qui sera très important. On a fait déjà le plus gros du travail, gagner contre Angola aller-retour. Il nous reste une dernière étape avant d’être sûr de se qualifier pour la CAN au Gabon en 2017. L’entrée dans les dernières minutes, c’était pour garer mon choix définitif et aussi goûter à l’ambiance.

LDB : En dépit de la victoire, selon certains analystes, les Léopards ont présenté un jeu un peu décousu par rapport aux Angolais qui avaient une certaine homogénéité. Votre avis ? 

P-JM : Oui, c’est vrai que nous n’avons pas joué un très beau football, mais cela arrive de fois de ne pas bien jouer, mais gagner. Et je crois, pour le match contre l’Angola, le plus important c’était de gagner, et c’est ce qu’on a fait ; maintenant, c’est vrai qu’on doit s’améliorer et mieux jouer, car on a des joueurs pour produire du beau football. Mais dans le football, on retient souvent le gagnant, pas ceux qui jouent le meilleur football. Entre choisir de bien jouer et de ne pas gagner et de mal jouer et gagner, je préfère gagner. Mais ne vous inquiétez pas, nous produirons un bon football dans l’avenir avec des victoires à la clé.

LDB : N’étiez-vous pas frustré de jouer des bouts des minutes pour une première sélection officielle ?

P-JM : C’est vrai que je n’étais pas très content, mais il ne faut pas oublier que j’avais mon entorse, donc c’était aussi un risque, mais le coach a fait ce qui devrait être fait. Mais comme je l’ai dit, le plus important, c’est qu’on a gagné et je suis sûr que j’aurais l’occasion de jouer plus tard et de montrer mes capacités.

LDB : En cas de qualification pour Gabon 2017, quelle seront vos ambitions pour cette compétition ? 

P-JM : Quand tu rentres dans une compétition, tu vas là pour gagner. Donc si on va là-bas, ce sera pour gagner.

LDB : Dieumerci Mbokani a mis fin à sa carrière internationale à cause d’une brouille avec la Fécofa. Vous l’avez peut-être fréquenté au Standard de Liège…

P-JM : Je ne veux pas trop rentrer dans cette histoire, car je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé. Et je ne l’ai pas vraiment fréquenté au Standard, car j’étais à Tottenham. On s’est rencontrés plutôt quand on a joué l’un contre l’autre lors d’un match entre Standard et Anderlecht, et nous avons un peu parlé. Depuis, nous nous parlons quand nous nous voyons.

LDB : Un autre challenge, ce sont les éliminatoires de la Coupe du monde Russie 2018. La RDC est  dans le 2e pot, avec comme têtes de séries Algérie, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Ghana, Sénégal.  Le tirage au sort est prévu pour le 24 juin. Quelle sélection évitée ?

P-JM : Vous savez maintenant dans le football, il n’y a plus de match facile. En ce qui me concerne, je n’ai pas vraiment des préférences. Le plus important pour nous, c’est de passer, peu importe les équipes, on doit se qualifier.

LDB : Vous constituez pour la RDC une génération dorée dont l’apothéose serait de vous voir prendre part à une phase finale  du Mondial 48 ans après…

P-JM : C’est notre objectif aussi et je comprends l’attente du peuple congolais, car nous avons une très belle génération avec beaucoup de joueurs qui jouent à l’étranger. Mais je crois qu’on ne doit pas se mettre de pression et juste avoir confiance en nous et écouter les consignes du coach.

LDB : Vous jouez en Europe et vous découvrez l’Afrique et son football. Quel constat faites-vous entre le football européen et africain ? 

P-JM : Il y a beaucoup de différences dans le football, la tactique, la préparation des matchs. Avant le match, l’ambiance dans le bus, c’est magnifique et te permet de ne pas trop penser au match et d’être décontracté quand tu va jouer le match. En Europe, on fait très attention aux détails pendant le match et à l’entraînement.

LDB : La RDC a remporté son deuxième trophée au Chan au Rwanda. Qui sont, d’après vous, les joueurs qui pourraient avoir une adaptation rapide en Europe ?

P-JM : Une adaptation rapide, c’est difficile à dire. Mais je pense que beaucoup d’entre eux peuvent s’adapter. Maintenant, il faut être bien entouré pour faciliter l’adaptation. Je pense que Jonathan Bolingi et Meschack Elia ont des qualités pour jouer en Europe, mais le football, ce n’est pas juste les qualités, mais beaucoup d’autres choses autour qui vous permettent de réussir.

LDB : Vous êtes à Chievo Verone en Italie, c’était le dernier de Jason Mayele. On vous en a parlé au club ?

P-JM : Oui, on m’en a parlé un peu, je sais juste qu’il était un bon joueur et qu’il était très souriant, mais à part ça, je le connais pas.

LDB : Vous êtes parmi les binationaux qui ont répondu favorablement à l’appel du sélectionneur Florent Ibenge. Qu’est-ce qui fait que les autres, comme Batshuayi, soient réticents ? 

P-JM : Je ne peux parler de Michy, car je ne suis pas lui. Pour ma part, j’ai vu un coach ambitieux avec un objectif clair et cela m’a plu. Je sais que j’aurais pu avoir quelques sélections avec la Belgique, mais je préfère avoir cinquante sélections avec le Congo que cinq avec la Belgique. Mais je pense que maintenant les gens commencent à voir qu’il y a du sérieux, surtout en Europe où on tient au sérieux, et je suis certain que c’est le début d’une grande chose.

LDB : Un message à l’exigeant  public sportif congolais ? 

P-JM : Juste de continuer à nous supporter dans les bons comme dans les mauvais moments. On n’est pas encore où l’on veut être, mais on y arrivera tous ensemble, et qu’on doit s’aider les uns les autres pour arriver à notre objectif. Car c’est le but de tout un peuple d’aller à la Coupe du monde et le plus loin possible à la Coupe d’Afrique des nations. Merci pour tout le soutien, je vous rendrais tout sur le terrain.

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