Le dossier «Standard-D’Onofrio» a rapporté près de 3 millions d’€ à l’État

Parmi les 33 inculpés dans le dossier « Standard de Liège-D’Onofrio », 19 ont signé une transaction avec la justice.

Des transactions qui mettaient un terme à l’action du ministère public et donc aux poursuites à l’encontre de ceux qui ont transigé. Les préventions visées étaient le blanchiment d’argent, la dissimulation de rémunération et le faux et usage de faux.

Le parquet de Liège et le parquet général nous ont donné le montant exact des transactions cumulées à différents stades de la procédure : 2.882.204,17 €. Une somme colossale qui vient donc gonfler les caisses de l’État. Rappelons que le fait de payer une transaction ne constitue en rien une déclaration de culpabilité.

« Cette somme globale comprend les montants des amendes transactionnelles, les confiscations, l’indemnisation du ministère des Finance et la participation aux frais de justice comme les expertises et les analyses », expliquent, conjointement, le parquet général et le parquet de Liège.

Pour rappel, le personnage central de ce dossier judiciaire était Lucien D’Onofrio, l’ex-homme fort du football européen. En juin 2015, ce dernier avait payé, à lui seul, 1.587.295 € pour éteindre l’action publique. Son avocat, Me Paul Delbouille, nous avait alors signalé que son client souhaitait tourner la page de ce dossier et repartir de l’avant. il précisait que la transaction ne constituait, dans le chef de son client, pas un aveu de culpabilité ». Voilà qui fait cher la page tournée.

Avant Lucien D’Onofrio, d’autres avaient transigé dès la fin de l’instruction. Pierre François, ancien directeur du Standard, avait ainsi payé 19.000 € pour éteindre les poursuites à son encontre. L’enfant chéri de Sclessin, Michel Preud’homme, s’était quant à lui allégé de 9.000 € pour obtenir la paix.

Prison avec sursis pour Drago

Ceux qui n’ont pas signé de transactions ont été jugés, le 10 novembre dernier, par le tribunal correctionnel de Liège. Le dossier du « Standard de Liège » avait été mis à l’instruction en avril 2004 et avait débouché sur les inculpations de quelques grands noms du football belge comme Luciano D’Onofrio, Alphonse Costantin, Michel Verschueren, Ivica Mornar, Pierre Delahaye, Pierre François et Michel Preud’homme. Les faits s’étaient déroulés entre 1999 et 2004 et représentent des préventions de faux et usages de faux, abus de bien sociaux et fraude fiscale.

Dragutinovic. A. Fernandez

Seuls 9 inculpés, dont Pierre Delahaye, un ex-directeur du Standard, faisaient encore l’objet de poursuites. Dans le cadre de transferts réalisés au Standard de Liège, un mécanisme de facturation permettait de frauder le fisc belge et d’éluder l’impôt relatif aux transferts de plusieurs joueurs en versant d’importantes sommes d’argent relatives à leurs indemnités sur les comptes de sociétés.

Selon le jugement, les préventions reprochées à Pierre Delahaye ne sont pas prescrites. Elles l’auraient été à partir du 17 janvier 2017. Le dépassement du délai raisonnable n’était pas non plus d’actualité. Pierre Delahaye a été déclaré coupable de faux fiscaux mais il a bénéficié de la suspension du prononcé pour une durée de trois ans. Le tribunal n’a ordonné contre lui aucune confiscation.

Huit autres prévenus ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Liège, essentiellement pour des faux fiscaux. Le joueur Ivica Dragutinovic et l’agent Stanimir Prelic écopent de peines de six mois de prison avec sursis de trois ans. Ils sont également condamnés à des amendes de 11.000 euros et à des confiscations de 80.451 euros. Le joueur Liviu Ciobotariu ainsi que les agents Ioan Becali et Cristian Borcea écopent de peines de six mois de prison avec sursis de trois ans. Ils sont également condamnés à des amendes de 11.000 euros et à des confiscations de 24.000 euros.

L’agent Alfred Kibembé a été condamné à une peine de six mois de prison avec sursis, à une amende de 5.500 euros et à une confiscation de 8.775 euros. Les joueurs Sambegou Bangoura et Joseph Enakarhire ont été condamnés à des peines de quatre mois de prison avec sursis, à des amendes de 5.500 euros et à des confiscations de 8.775 euros et 11.367 euros.

Plus d’informations dans les éditions de Sudpresse de ce jeudi 17 novembre 2016 ou via nos éditions numériques.

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