Devenir bien plus imprévisible !

Il gagne et promet monts et merveilles à des supporters revigorés par son jeu singulièrement spectaculaire. Mais derrière ses airs initiaux de redressement, le Standard demeure une belle mécanique qui manque encore d’imagination. Si son secteur offensif a clairement pris ses marques, le matricule liégeois peine à sortir d’un canevas (trop) ordinaire qui limite le spectre de ses possibilités. Au contraire de… l’Ajax.

La reconstruction du Standard « made in Aleksandar Jankovic » est passée par un premier travail de fond au niveau de la mentalité et de l’envie. Une évidente base de production suivie d’un recadrage ferme de la sphère défensive. Et les résultats n’ont pas tardé à suivre. Aujourd’hui, les Rouches disposent de l’arrière-garde la moins perméable de Jupiler Pro League, celle qui apporte sérénité et confiance à l’ensemble du groupe. Un point de départ important et positif qui demande désormais de passer à l’économie collaborative totale. Il serait idiot de se limiter à cet enchaînement de bonnes performances (si on excepte le fameux couac de la Coupe de Belgique…) sans proposer une vision à plus long terme autrement productive.

Si le Standard souhaite demeurer actif à la fois en championnat et en Europa League, il doit absolument s’affranchir de certaines certitudes afin de ne pas être pris au désarroi en cas de (re)chute. Ne dit- on pas qu’il vaut mieux prévenir que guérir ?

Les statistiques sont criantes de vérité : depuis qu’Aleksandar Jankovic a succédé à Yannick Ferrera, les Liégeois ont déniché une nouvelle rigueur en attaque (la moyenne de but par match est passée de 1,2 à 1,6) et mis à profit les qualités de leur recrue algérienne Ishak Belfodil, un point d’ancrage utile et paradoxalement très mobile. Les deux buts inf ligés à Genk et les trois autres réservés à Eupen ont relancé un élan de générosité en nette perte de vitesse mais également confirmé que le club principautaire se reposait essentiellement sur ses pions offensifs pour faire la différence. Depuis le début de saison, on ne recense que huit buteurs (parmi lesquels le « déserteur » Ivan Santini et les « seconds couteaux » que sont Jonathan Legear et Birama Touré) dans le noyau pourtant très large du Standard. Pas étonnant que les Rouches soient ceux qui peinent le plus à la concrétisation dans le top 6 actuel de la hiérarchie nationale belge. À titre de comparaison, l’Ajax dénombre déjà pas moins de quatorze « scoreurs » distinctifs ! Constat étonnant (et inquiétant ?) : les sociétaires du stade Maurice Dufrasne n’utilisent jamais les phases arrêtées à bon escient. Un corner botté par Adrien Trebel et repris de la tête par Ivan Santini en… Supercoupe contre Bruges demeure l’unique action létale dans ce registre. A cela peut venir s’ajouter le penalty transformé par Junior Edmilson lors du huis clos face au STVV, ce qui est peu, bien trop peu ! Surtout lorsqu’on dispose de la précision chirurgicale d’éléments de la trempe d’Adrien Trebel, Matthieu Dossevi, Junior Edmilson ou encore Jean-Luc Dompé.

L’adversaire du soir, lui, ne connaît pas un tel souci ; avec onze réalisations sur vingt-et-une tombées sur une phase arrêtée, il est même passé maître dans l’art de cet exercice… Notons que, au cœur de la force de frappe de Sclessin, aucun défenseur n’a également voix au chapitre. Se cantonner au strict réalisme des avants est une option dangereuse. Le Standard se doit d’acquérir une autre vision, encore plus exigeante et imprévisible. Des alternatives qui font écho du renouveau structurel de l’équipe dans un vaste champ de potentialité : les Liégeois sont suffisamment armés pour se donner les moyens de leurs ambitions. D’autant qu’Aleksandar Jankovic, qui a dessiné les contours de son équipe-type, peut maintenant s’attaquer à un autre gros chantier… « Ce sera un très bon test pour nous », assure-t-il.

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