Clasico, le bal des débutants

Les maillots sont repassés, les écharpes prennent le frais et les cafetiers font le plein de bière: c’est l’heure du clasico à la sauce belge.

La date d’un Standard-Anderlecht, et vice-versa, est toujours soigneusement notée et soulignée dans l’agenda d’un supporter qui se respecte. Dimanche, ils seront plus de 27.000 fans à s’égosiller dans les travées de Sclessin même si, avec l’instauration des Playoffs, l’affrontement en phase classique a perdu un peu de saveur malgré les amplifi cations médiatiques un tantinet assourdies cette semaine par les compétitions continentales. Revenus d’Amsterdam et de Saint-Etienne, Liégeois et Bruxellois auront toutefois à coeur d’oublier leur désillusion e u r o p é e n ne mais aussi leur bilan national contrasté. Après un début en mode mineur, le Standard vient de faire un 9 sur 9. Alors que les analystes commençaient à ériger le Sporting en grand favori pour le titre, il s’est fait piéger, le week-end dernier, par la lanterne rouge. Et qui plus est à domicile… Néanmoins, le premier Clasico de la saison revêt toujours un caractère particulier. Pour les supporters des deux camps, c’est l’heure des retrouvailles. Pour les joueurs, et le virage a surtout été pris dès 2010, il a plutôt le parfum de la découverte.

LE RENOUVELLEMENT DES CADRES

Depuis six ans, à l’occasion de la première rencontre de la saison entre Ro u c h e s et Mauves, huit joueurs au minimum reçoivent leur baptême dans ce qui reste le duel historique du championnat. Et il faut attendre véritablement les Playoffs, quand le Standard s’y présente évidemment, pour que les deux formations s’alignent avec des éléments oeuvrant en terrain connu. Ce qui n’est pas arrivé la saison dernière puisque l’on a eu droit qu’à deux duels entre le Standard et Anderlecht durant lesquels… 22 joueurs ont joué leurs premières minutes dans un Clasico. Habitué aux Barcelone-Real, Victor Valdés a même sans doute dû se demander si l’appellation n’était pas usurpée. Ce 2 octobre ne va pas déroger à l’habitude récente puisque la tendance, chaque saison, est à un renouvellement des cadres. Et c’est loin d’être un épiphénomène puisque cette rencontre de dimanche pourrait battre des records avec une accumulation de joueurs, dès le départ ou en fi n de rencontre, n’ayant aucune notion, si ce n’est par ouï-dire, de la rivalité ancestrale entre Liégeois et Bruxellois. Si on se base sur le dernier match de championnat du Standard et d’Anderlecht, onze néophytes dans le Clasico pourraient commencer la rencontre alors que quatre remplaçants n’ayant jamais disputé un tel match pourraient également y participer. Et on ne parle évidemment pas des deux coaches étrangers qui seront à la barre de leur équipe même si Jankovic, grâce à quelques années de présence en Belgique, a sans doute plus conscience de l’importance de l’événement que Weiler qui vient à peine de débarquer à Bruxelles.

GOREUX ET DESCHACHT, LES EXCEPTIONS

Cette situation n’est évidemment pas surprenante. La notion de clubmen n’est plus utilisée que par les anciens combattants du ballon rond. À l’exception de Deschacht d’un côté et de Goreux de l’autre (avec un court passage par la Russie), les noyaux actuels ne sont plus constitués que par un contingent d’étrangers, pour la plupart en transit, et par des jeunes qui, persuadés de posséder le talent nécessaire pour évoluer dans des grands championnats, ne s’éternisent plus dans deux des clubs historiques du Royaume. Malgré tout, cela ne nuit nullement à la ferveur populaire qui accompagne ce genre d’affrontements quelle que soit la situation sportive des protagonistes. Une ferveur qui, parfois, a eu certains excès. À cet égard, les départs de Defour à Burnley et de Proto à Ostende devraient enfin apaiser des débats qui, sur le terrain, peuvent être soit houleux, soit une bonne propagande pour le foot. Tout le monde espère évidemment que c’est cette deuxième situation qui sera de mise, dimanche, pendant nonante minutes…

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