Ciman: « Les plus belles années de ma carrière, ça a été à Liège »

Bienvenue à Montréal. Les Américains viennent y chercher un avant-goût d’Europe, les Européens un avant-goût d’Amérique. Laurent Ciman, lui, est venu y chercher un avenir pour sa fille. Et du foot, aussi. Il nous a reçu pour un reportage au stade, et en famille.

Juste à côté de l’impressionnant stade olympique, le plus modeste stade Saputo affiche complet pour recevoir le club rival de Toronto. C’est le dernier match de la saison régulière. Les Montréalais sont déjà qualifiés pour les play-offs, mais une victoire leur assurerait l’avantage du terrain au tour suivant. De retour de suspension, Laurent Ciman retrouve sa place de titulaire dans l’axe de la défense. Dès son arrivée dans la Belle Province, le Diable rouge s’est immédiatement rendu indispensable.

Laurent Ciman : « Il ne faut pas croire que c’est facile. Il y a beaucoup de défenseurs qui sont venus ici et se sont cassés les dents. J’ai encore envie de progresser, j’ai encore envie de faire partie de l’équipe nationale. Et de finir sur un Euro, ce serait magnifique…

CIMAN, UN BLOC INCONTOURNABLE

Mais l’Euro, c’est encore loin. Avant, il y a le championnat MLS. Ce soir, Didier Drogba fait encore parler la poudre. Deux buts en deux minutes, deux déviations presque identiques, assurent la victoire 2-1 à Montréal. En défense, Laurent Ciman ne chôme pas face à Giovinco, l’ancien de la Juve. « Le Général », comme on le surnomme ici, dirige sa défense d’une main de fer. Laurent Ciman fait l’unanimité auprès des supporters mais aussi de ses coéquipiers. Pour son foot. Son caractère entier, et sa bonne humeur.

Patrice Bernier (Capitaine Impact Montréal): « Depuis qu’il est arrivé, c’est un des joueurs qui a été les plus constants. Il est peut-être candidat à être le joueur de la saison dans notre équipe. Ce n’est pas quelqu’un qui est arrogant ou hautain. Ce n’est pas parce qu’il joue avec les Diables rouges et qu’il a été à la Coupe du Monde qu’il est au-dessus des autres. Il le démontre par son jeu. Il laisse ses pieds parler avant tout ».

Didier Drogba : « Qu’est-ce que vous voulez savoir de lui ? Moi il m’a dit de dire que du bien de lui. On fait quand même l’interview ? (rires). Il apporte sa gniak à l’équipe, son envie de gagner. Et c’est vrai qu’il est un des leaders dans ce groupe. On a besoin de joueurs comme lui. Sa bonne humeur ? Ouais, bon, de temps en temps, hein ! » (rires)

Laurent Ciman : « Je suis toujours le même joueur. Je l’ai déjà dit, je suis venu ici pour progresser. C’est un championnat qui est pour moi plus relevé que la D1 belge. Tous les jours, je joue contre des grands attaquants, et j’apprends pas mal de choses. »

Progresser, avancer, cela reste le credo de Laurent Ciman. L’adaptation n’a pourtant pas été simple, notamment avec les arbitres locaux.

Laurent Ciman: « J’ai critiqué les arbitres, j’ai dit ouvertement ce que tout le monde disait tout bas. Et voilà, ils s’en sont pris à moi. C’est un donné pour un rendu. Donc, maintenant, je tournerai ma langue dans ma bouche dix fois avant de parler. J’ai pris 7 ou 8 cartes jaunes. Ça fait quand même pas mal. Et trois rouges, aussi. Alors qu’en Belgique je pense que je suis à deux sur 10 ans. »

LES DIABLES… ET LES ROUCHES

Après presque un an au Québec, Laurent Ciman peut être satisfait de son bilan sportif. Titulaire incontournable, adoré des supporters, élu dans l’équipe all-star, finaliste de la Ligue des Champions, et malgré l’éloignement, toujours Diable rouge. Seul et unique regret, lui qui compte 44 sélections, il n’est monté que 9 fois au jeu pour la Belgique.

Laurent Ciman : « Je regrette de ne pas avoir la confiance que Leekens me laissait. A partir du moment où j’avais la confiance du coach, je n’ai jamais déçu. Donc, c’est sûr que je suis un peu déçu par rapport à ça, avec tout ce que je fais ici ou tout ce que j’ai fait dans le passé. Bon, ok, c’est le choix de l’entraîneur. Je n’ai pas le choix, je dois faire avec ça. Mais voilà, je reste positif. Chez les Diables, je vois des gens que j’apprécie. On a une bonne ambiance dans le groupe, j’essaie de ne pas la gâcher. Mais bon, à partir du moment où il y a des matches amicaux, j’aurais pu bénéficier d’un peu de temps de jeu. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Mais je continue à travailler dur, et peut-être qu’un jour ça arrivera. »

L’équipe nationale, Laurent en parle souvent. Le Standard, encore plus. Dans ses interviews aux médias québécois, il n’hésite pas à évoquer sa carrière chez les Rouches.

« Courtrai m’a relancé, mais les plus belles années de ma carrière, ça a été à Liège. J’ai connu des hauts et des bas, mais les supporters m’ont toujours respecté, et je pense que moi aussi. Et une certaine relation s’est créée. Le Standard reste dans mon cœur et le restera à jamais.

Le plus beau souvenir au Standard, c’est le dernier match ?

« Oui, carrément. Après, il y en a certainement d’autres que j’oublie, mais partir par la grande porte, sous les acclamations et les cadeaux, c’était juste magique. Ça ne pouvait pas être plus beau. »

TOUT POUR LA FAMILLE

Ce n’est un secret pour personne, Laurent est venu aussi au Canada pour y trouver des soins adaptés à sa petite fille atteinte d’autisme. Là où beaucoup de footballeurs font des choix uniquement sportifs et financiers, Laurent Ciman n’a pensé qu’à sa famille. Et ça marche. En huit mois, Nina a fait des progrès spectaculaires.

Laurent Ciman : « Si Nina n’avait pas été la petite fille qu’elle est, il y a belle lurette que je serais riche. J’aurais fait d’autres choix, mais voilà, une fois qu’on a ce problème là, ça passe avant tout. La famille, soit elle vole en éclats, soit elle resserre les liens. Nous, on les a resserrés. On avance avec ça aujourd’hui. Nina a désormais un petit frère, et ça se passe super bien. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à ma femme et à mes enfants. »

 

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