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Christian Piot: « Ce Classico pourrait servir de déclic au Standard »

Véritable icône du Standard avec ses trois titres consécutifs de champion de Belgique, son Soulier d’or et ses 40 sélections chez les Diables Rouges, Christian Piot suit toujours de (très) près les prestations du club de son coeur. Avant le classico, l’ex-gardien emblématique de Sclessin s’est confié à la RTBF.

Interview de Pierre Capart

Christian Piot, le Standard se déplace à Anderlecht ce dimanche mais vu la forme affichée par les deux équipes et l’actualité qui secoué le Sporting ces derniers jours, peut-on encore parler de classico ?

« C’est vrai que les deux équipes on loupé leur début de saison. Elles sont même plutôt mal embarquées quand on regarde le classement. Mais cela reste quand même un classico. C’est peut-être aussi le bon moment pour les deux clubs de retrouver un peu leur niveau habituel parce que ces deux ténors ne produisent pas des prestations dignes du niveau qui devrait être le leur. Certes, le Standard a gagné son dernier match, péniblement, contre Lokeren alors qu’Anderlecht s’est imposé lui aussi dans la douleur à Waasland-Beveren mais ensuite il y a un cinglant revers contre le Celtic en Champions League. L’occasion est belle pour les deux équipes de remonter la pente ».

Le Standard qui a vécu un début de saison plutôt compliqué…

« Oui, c’est vrai mais il y a un nouvel entraîneur et aussi pas mal de nouveaux joueurs à Sclessin. Mais le système de jeu n’est pas encore au point. On constate notamment que le milieu de terrain n’est pas à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre. Heureusement qu’il y a un ou deux joueurs qui peuvent parfois faire la différence comme par exemple Paul-José Mpoku. Cela dit, le match de ce dimanche à Anderlecht est toujours spécial. Il ne faudra pas motiver les joueurs liégeois. Tout le monde rêve de jouer des matches comme celui-là. Reste aux joueurs qui seront sélectionnés de prouver qu’ils méritent d’être sur le terrain mais cela vaut pour les joueurs des deux équipes ».

Cela dit, ce n’est pas mieux à Anderlecht ?

« Non, pas du tout. Nous l’avons encore vu mercredi en coupe d’Europe contre le Celtic.

Je crois que c’est une équipe qui est dans le doute. René Weiler avait mis au point un système de jeu qui pouvait être critiqué mais qui a quand même permis à Anderlecht d’être champion. Cette saison, ça a moins bien marché et comme souvent, c’est l’entraîneur qui en a fait les frais. Pour le moment, c’est Frutos qui assure l’intérim en attendant l’arrivée du nouveau coach (Hein Vanhaezebrouck) et donc les joueurs sont actuellement en plein doute. Weiler avait mis un système en place et ils sont un peu perdus sur le terrain en attendant l’arrivée du futur entraîneur ».

C’est donc peut-être la chance du Standard d’affronter au bon moment cette équipe d’Anderlecht ».

« Je pense, oui. Les Anderlechtois sont en plein doute et le Standard a les moyens de les faire douter encore un peu plus. Un bon résultat sur le terrain du Sporting pourrait servir de déclic et lancer pour de bon la saison du Standard qui a été assez décevant jusqu’à présent ».

Avec son noyau, le Standard mériterait d’occuper une meilleure position que son classement actuel ?

« Oui, absolument. J’en suis certain. Il y a peut-être des joueurs qui ne sont pas alignés à la bonne place mais ça c’est le problème de l’entraîneur car le Standard a une équipe pour terminer dans le top 6 et disputer les Play off 1. Les joueurs doivent toutefois le démontrer sur le terrain ».

Quid de Ricardo Sa Pinto ? La victoire face à Lokeren lui a donné un peu de répit et on le sait il pourra finalement être sur le banc à Anderlecht…

« Je pense en effet qu’il était temps pour lui de gagner contre Lokeren car on parlait déjà de son remplacement. Ce succès lui a donc fait le plus grand bien. Maintenant, il peut aborder ce match à Anderlecht avec plus de confiance, d’autant qu’il aurait pu être suspendu. Ce qui n’aurait peut-être pas été une mauvaise chose (rires), je ne sais pas.

Sérieusement, d’un point de vue psychologique ce sera préférable pour les joueurs du Standard d’avoir leur entraîneur sur le banc plutôt qu’un de ses adjoints. C’est aussi l’occasion pour Sa Pinto de montrer ce dont il est capable, à condition d’aligner l’équipe la plus efficace, notamment dans l’entre-jeu. Je le répète, c’est peut-être enfin le déclic pour le Standard ».

Des matches entre Anderlecht et le Standard, vous en avez vécus une trentaine tout au long de votre carrière, la classico comme on l’appelle désormais a-t-il toujours la même saveur ?

« Même si ça reste toujours un match particulier, je ne le pense pas. A mon époque, tout d’abord, il y a avait une majorité de joueurs belges dans les deux équipes. On se côtoyait aussi chez les Diables Rouges et cela représentait toujours un challenge personnel à jouer l’un contre l’autre. Cela donnait du piment et pouvait parler de matches de prestige que ce soit à Anderlecht ou bien au Standard. On se taquinait toujours quand on se réunissait avec l’équipe nationale et il y avait donc cette motivation supplémentaire parce que nous nous connaissions tous très bien. Maintenant, c’est différent, les joueurs changent souvent et ne se connaissent plus. Au sein d’un même club, les joueurs ne se connaissent même pas entre-eux (rires).

Malgré tout, cela reste toujours un classico avec une grosse rivalité entre les deux clubs mais surtout entre les supporters qui se surpassent souvent pour mettre l’ambiance dans le stade. Une ambiance qui n’est plus aussi bonne qu’avant où les supporters allaient en famille voir ces matches-là. C’était une grande fête du football mais on peut quand même toujours parler d’un Top du championnat, un match de prestige pour tous les joueurs ».

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