L’enfant de Gentbrugge revient à quelques kilomètres de l’Ottenstadion où tout a commencé. Mais cette fois, Benito Raman n’est définitivement plus un Buffalo où il n’a jamais vraiment été considéré comme une valeur sûre.

Avec 5 buts à son compteur personnel (dont un en Coupe de Belgique), Benito Raman ne s’aligne pas sur ses standards habituels. Il est même plutôt parti pour les exploser. Son record s’arrête à 9 réalisations lors de l’année du titre conquis par Gand. Autant écrire qu’il peut viser plus haut. « J’aspire à marquer une dizaine de buts », soulignait-il quelques jours après s’être lié au . « Ce n’est pas énorme sur papier mais pour moi ce serait magnifique. »

Alors qu’il aura 22 ans le 7 novembre, cet enfant de Gand en est déjà à sa 6e saison au plus haut niveau. Comme Christian Piot qui, de son jardin admirait le stade de Sclessin et entendait les clameurs de la foule, Benito Raman a lui aussi grandi à l’ombre d’une enceinte de football : l’ancien Ottenstadion. Le vent amenait souvent toutes les émotions du stade dans le quartier populaire de Gentbrugge où le gosse a grandi et où son père plongeait dans les livres d’histoire. Fasciné par celle de Mussolini, il donnera à son fils le prénom de Benito. Un prénom qui fera le tour des terrains aussi vite qu’il prenait toutes les défenses de vitesse.

A 16 ans, il est déjà hissé sur le pavois de la renommée en signant son premier contrat professionnel en grande pompe. Un truc incroyable dont un gamin se souvient comme il se souvient de ses rêves d’enfant. Devant la presse, Michel Louwagie et Francky Dury l’entourent pour démontrer que les produits de l’école gantoise peuvent percer. « C’est la première fois que le club mettait un jeune de 16 ans sous contrat », explique Manu Ferrera qui, en tant qu’adjoint, l’aconnu pendant quatre saisons. « Mais cela ne lui est pas monté à la tête car il prend toujours les choses comme elles viennent. J’étais un fan de son culot. Un vrai Gantois qui avait même été ramasseur de balle. Toutefois, les différents entraîneurs retenaient surtout ce qu’il ne savait pas faire, d’où son prêt au Beerschot puis à Courtrai. Mais sans le vendre car le club était convaincu de son gros potentiel. Néanmoins, on ne lui a jamais vraiment donné sa chance. Il devait chaque fois être le meilleur sinon il retournait sur le banc. En fait, il a toujours été discuté à Gand et jamais reconnu comme une valeur sûre. »

« Là où les autres se taisent, lui raconte dans le vestiaire comment il est allé boire un verre la veille » – Manu Ferrera ancien T2 de Gand

C’est au début de sa carrière professionnelle que Raman s’entoure de gens toujours présents dans son environnement actuel, témoignant ainsi d’une certaine fidélité dans les relations. « Je l’ai découvert au début des années 2010 », se souvient Guy Vandersmissen, son agent. « Il marquait facilement et sa vitesse était impressionnante. Nous avons commencé à travailler ensemble lors de son prêt au Beerschot et, depuis, on ne s’est plus quitté. On l’entoure avec mon fils Kristof et Peter Smeets qui avait déjà accompagné Romelu Lukaku dans le passé. On l’aide dans sa carrière mais aussi pour l’extra-sportif. Il n’a que 21 ans mais il a déjà compris que les belles années d’un footballeur peuvent être courtes. Cette semaine, nous avons justement eu une réunion pour évoquer l’après foot car il ne possède aucun diplôme. Il a déjà investi dans l’immobilier. Il vient avec ses idées et on l’aide à les réaliser. »

Las, l’enfant de Gentbrugge ne fera pas carrière chez les Buffalos, le club de son coeur. Ses frasques ont eu raison de l’histoire d’amour. Benito Raman a désormais l’image troublée d’un effronté. Il ne s’en cache pas. « Je suis un bad boy, personne ne me fera dire le contraire », concède-til. « Il m’arrive de dire ou de faire des choses qu’on ne doit pas mais je ne suis pas un danger pour le groupe voire un garçon indomptable. »

Un bad boy qui s’est déjà fait exclure des terrains en catégories d’âge ou qui a déjà refusé des sélections nationales chez les jeunes. « Mais je ne me souviens pas de problèmes disciplinaires avec lui », tempère Manu Ferrera. « Benito était même toujours le premier à porter le matériel. Cela dit, il est naturel. Et là où les autres se taisent, lui raconte dans le vestiaire comment il est allé boire un verre la veille. Dans son chef, c’est normal et il ne voit pas où est le problème. Peut-être n’a-t-il pas été assez entouré quand il était en pleine ascension ? On aurait peut-être dû mettre en place un suivi social plus développé, ce qui est le cas à Gand depuis trois ans. » Et pour cause puisque, dans le second semestre 2015, il va se prendre deux portes dans la figure qui vont populariser son caractère.

« Il est un peu spécial et cela tombe bien, le Standard l’est aussi » – Guy Vandersmissen son agent

Le 24 juillet, à la veille d’une rencontre contre Westerlo, il est surpris à jouer au snooker à minuit. Auteur d’un match catastrophique, il est allumé par Hein Vanhaezebrouck qui ne le reprend même pas le week-end suivant. « Oui je ne me couche pas tôt et j’aime profiter de la vie. Mais tant que je suis présent à tous les entraînements et que je preste en match comme il se doit, peut-on me reprocher quelque chose ? »,s’interroge le joueur mis à l’amende avant de voir le dossier rangé au placard après une réunion avec son entourage. Mais c’est le 20 décembre que le divorce va être consommé avec son club. Après un succès contre Courtrai, il prend le micro et entonne « tous les paysans sont des homos ». Un dérapage verbal qu’il entend désormais oublier : « C’est quand Bernd Thijs est venu me demander si je n’étais pas fou que j’ai compris la grandeur de ma bêtise », s’est-il expliqué dans Standard Magazine. « J’ai reçu beaucoup de critiques, même des supporters de Gand. J’étais au bord du gouffre. Il m’a fallu plusieurs jours pour reprendre le dessus. »

Cette fois, Raman est tourneboulé par ce foudroyant déferlement d’attentions autour de sa personne. Il vit ce genre de périodes qui vous incite à porter des lunettes de soleil quand le ciel est gris. Il n’est plus simplement réprimandé. Mis à l’amende par son club et puni sportivementpar Gand puis par la fédération (un match plus deux en sursis), il comprend que son avenir n’est plus à la Ghelamco Arena. « Mais il a payé pour tout le monde », regrette Guy Vandersmissen en pensant aux équipiers qui l’ont incité à chanter. « Et quand il avait le micro en main, c’était trop tard. »

Le 27 janvier, il est prêté à Saint- Trond avant de rebondir cet été au Standard. Pour 4 saisons et contre 700.000 euros, soit la moitié du montant réclamé en janvier par Gand. «

Son comportement ne suscite aucun problème », souffle-t-on à Sclessin pour confirmer qu’il n’a plus l’intention de contourner les règles élémentaires de vie en communauté. « Comme si une rupture avec ses habitudes était nécessaire. Visiblement, Liège lui est bénéfique. » Un avis que semble partager son ancien président. « Je ne suis pas certain que cela aurait été une bonne chose pour lui de rester chez nous, notamment en raison de son environnement », soutient Ivan De Witte, le président des Buffalos. « J’espère qu’à Liège il va parvenir à retrouver une vie plus professionnelle ». Seul l’avenir le dira même si le début est prometteur. En trois mois, tout en évitant de s’emballer dans l’euphorie de l’instant, le petit « roquet » a, par sa bravoure, déjà marqué les esprits à Sclessin. Désormais, il revoit le jour au bout d’un tunnel traversé pendant plusieurs semaines. «Même s’il doit encore progresser dans sa manière d’éliminer les adversaires balle au pied, il a le caractère et les qualités pour réussir au Standard. Il est un peu spécial et cela tombe bien, le Standard l’est aussi. Le mariage peut durer », évoque en toute connaissance de cause Guy Vandersmissen, une des figures emblématiques du club des années 80. Franchement, Raman ne pouvait pas avoir de meilleur guide en bord de Meuse pour s’insérer dans un collectif plutôt que de vou-loir capter la lumière à tout prix…

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KAS Eupen vs Sporting Charleroi
1–012.5% [1]
1–212.5% [1]
1–112.5% [1]
3–112.5% [1]
2–212.5% [1]
2–137.5% [3]
KV Courtrai vs STVV
1–012.5% [1]
2–025% [2]
2–162.5% [5]
RSC Anderlecht vs FC Bruges
2–312.5% [1]
0–112.5% [1]
1–225% [2]
2–150% [4]
La Gantoise vs KV Ostende
1–112.5% [1]
1–012.5% [1]
2–025% [2]
2–150% [4]
Standard de Liège vs KVC Westerlo
2–112.5% [1]
1–012.5% [1]
3–125% [2]
3–025% [2]
4–025% [2]
W. Beveren vs KRC Genk
0–212.5% [1]
1–112.5% [1]
1–012.5% [1]
2–125% [2]
1–237.5% [3]
Excel Mouscron vs FC Malines
0–212.5% [1]
1–112.5% [1]
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1–237.5% [3]

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