Successeur de Ferrera, Aleksandar Jankovic a plongé dans la cuvette de Sclessin. L’homme a connu le chaudron de l’Etoile Rouge et rêve des ambiances latinos. Il marche  » au feeling « , il évoque sa défense à trois et s’inspire du hockey sur glace.

Mais derrière son sourire affable, il plaide l’exigence et l’autocritique : les  » pleureuses  » belges,  il n’aime pas. Aleksandar Jankovic passe  » Sur le Gril  » d’Erik Libois.

La première fois qu’il entendit parler du , c’était fin des années nonante, via Tomislav Ivic : « C’était l’apôtre du pressing total, il était très connu dans les Balkans pour son travail à Split, c’était un visionnaire » explique Jankovic. « Je m’inspire de tout le monde : même d’un match de 3e division ou d’un entraînement de jeunes. À Malines, un jeune coach passait son diplôme, j’ai suivi sa séance… et j’ai repris son exercice pour l’équipe A. »

Après 2 premières approches rouches, il a fini par accepter l’offre liégeoise. « Je ne signe dans un club que si je ressens un bon feeling avec les gens. Même si Barcelone se présente, si je ne le sens pas, je ne signe pas. Parfois j’ai regretté certains choix émotionnels, mais ça forge l’expérience.  Même les mauvais choix sont de bons choix : je préfère me tromper que subir les événements. Dans la vie en général, et dans ce milieu où tant de coaches sont au chômage, c’est un privilège de choisir son destin. »

Gravement blessé à 28 ans, il a opté très tôt pour un destin d’entraîneur. « C’était un mal pour un bien, car à 45 ans j’ai déjà l’expérience de 650 matches sur le banc. Mais ce n’est jamais fini : à 60 ans, vous progressez encore. » Et lui aussi se nourrit du carburant de la victoire, son kick absolu est au petit matin d’après-victoire. « Les cinq minutes au réveil, vous savourez vraiment. L’important, c’est le résultat : une défaite au bout d’un bon match est toujours frustrante. »

Non aux pleureuses

 » Coach Sacha « , c’est d’abord un sourire et un regard droit. « Je vis dans un monde cynique, où la pression est constante, mais je relativise toujours. Je déteste l’hypocrisie de ce milieu, mais elle ne m’abîme pas. J’essaie d’avoir une communication claire et directe avec mes collègues de travail, mais je ne peux pas changer le monde. »

Mais en interne, il a prise sur les choses… et ne s’en prive pas. « Je suis toujours plus exigent avec moi-même et avec les , que la pire des critiques issue de l’extérieur. J’ai appris à vivre avec le négativisme ambiant, mais se plaindre n’est pas une solution. Pleurer en invoquant l’arbitrage ou le terrain n’est pas une réponse : moi, je cherche toujours des solutions au lieu de me cacher derrière des coupables extérieurs. »

Au pays des Calimero de tous poils, le Serbe veut se démarquer. Il veut surtout envoyer un signal d’efficacité.  « Si moi je pleure, je transmets un message négatif aux joueurs. La plus grande force, c’est l’autocritique. J’ai bossé avec un joueur comme Vidic, qui n’était pas le plus doué, mais qui est arrivé capitaine de Manchester United par une remise en question quotidienne. C’est le message que j’essaie de transmettre ici : le processus prend du temps, mais il faut installer un miroir au vestiaire. Dans mes analyses d’après-match, je débute toujours en reconnaissant mes propres erreurs. »

Le C4 ? Bof

Lors de son intronisation à Sclessin, Jankovic a marqué les esprits en résumant le statut du coach : « Il y a 2 types d’entraîneurs, ceux qui ont été virés… et ceux qui vont l’être. » Dans ce registre, la Belgique est devenu un carrousel. « Là d’où je viens, on vire bien plus vite que chez vous. À l’Etoile Rouge, même quand vous gagniez, il y avait encore 20 % de critiques. En interne, on écarte parfois des joueurs qui mettent le bazar. Mais ce ne sont jamais des joueurs importants : ceux qui font leur Zlatan hors du terrain sont ceux qui n’y arrivent pas sur le terrain. Et par expérience, je sais que ce ne sont jamais les joueurs-clé qui sortent des lignes. »

Le approche, toujours une période d’incertitudes pour le coach de faction à Liège. « Je n’ai pas d’inquiétude, tout se passe en toute transparence avec Olivier Renard et Daniel Van Buyten : je cite des profils, eux se chargent des noms. Je n’aime pas les relations avec les agents : pour moi, mon équipe c’est » 1×11 joueurs« , pour les agents c’est  » 11×1 joueur « . Mais surtout je tire mon chapeau à tous les joueurs du large groupe actuel qui ne jouent jamais et s’entraînent pourtant avec une grosse mentalité. »

On lui demande de citer les 3 joueurs dont il rêve pour son noyau, il balaie la question : « Ce serait inconvenant pour les joueurs actuels. Je me satisfais des éléments que j’ai. Si je peux choisir, je préfère avoir 3 blessés de moins que 3 transferts. »

Tactique mentale

On le dit apôtre de la défense à 3, mais là aussi il balaie. « Je l’ai utilisée la première fois… à Malines, car mes 2 backs étaient blessés. Je n’ai pas de système dogmatique, je m’adapte aux profils dont je dispose. Il n’y a plus rien à inventer dans le foot actuel. Le but, c’est de pouvoir switcher en permanence entre 4 et 3 arrières sans qu’on ne s’en rende compte, Guardiola alternait ça au Bayern, et personne ne remarquait rien. Un système, c’est un cadre qui survit aux blessures et aux suspensions sans que l’équilibre naturel ne soit perturbé. La tactique, ce n’est pas un schéma sur un papier : c’est un outil mental pour que le joueur évolue en zone de confort. »

Jankovic apprécie ce football belge qu’il qualifie d’athlétique et très difficile à jouer. « J’avais prévenu Djuricic et Milivojevic qu’ils ne devaient pas sous-estimer la D1 belge. C’est une compétition qui, si vous en acceptez les sacrifices, peut vous ouvrir les portes de l’Europe entière. »

Féru d’apprendre, encore et toujours, le Serbe va aussi puiser dans d’autre sports. « Le basket, sport n°2 en Serbie, m’a inspiré pour les phases arrêtées, et quand j’étais en Russie j’ai retiré du hockey sur glace des idées sur les ailiers. J’essaie aussi toujours d’avoir 2 joueurs-relais sur le terrain, qui organisent et transmettent mes directives aux joueurs plus instinctifs. Mais cela reste à travailler. »

Presse-pression

Son papa était… journaliste sportif, le plus influent même en Serbie. Alors le monde des médias, Jankovic le décrypte mieux que quiconque : « J’ai grandi dans tout ça,  je connais les règles du jeu. L’Etoile Rouge compte 3,5 millions de supporters, comme jeune coach j’ai lu et entendu des choses qui m’ont meurtri. Alors aujourd’hui, je ne lis plus la presse : j’ai du respect pour le débat et les opinions, mais je ne me confronte plus à ça. Je suis assez conscient du privilège que je vis : entraîner un grand club et avoir un bon salaire pour exercer son hobby. Sans le foot, je ne sais pas ce que je ferais, mais le sport en général est ma passion, et je resterais dans ce milieu. »

Jankovic n’a pas de plan de carrière, mais il sait où il rêve d’entraîner un jour. « Boca Juniors me fait rêver, car tout y respire la passion, l’énergie et l’enthousiasme. J’ai assisté à la Bombonera au match Boca-Independiente, c’était magnifique. Après cela, j’aurai réalisé tous mes rêves, car coacher l’Etoile Rouge était mon idéal de jeunesse. J’y ai passé 35 ans, j’y ai été T2, T1… et même bénévole : je passais la peinture et je déblayais la neige. J’y ai gagné les derbies, la seule chose que j’ai manquée, c’était le titre. Même en Belgique, j’aurai eu la chance de bosser pour les 2 clubs qui incarnent le plus la passion du supporter, Malines et le Standard. »

Reste à ramener le titre à Sclessin ? « Que ce soit Jankovic ou un autre, les objectifs de ce club sont toujours au top. J’accepte les objectifs, mais ce n’est pas le coach qui les fait. Je prends toujours un match à la fois. Mais avec la mentalité et la régularité, et si on prend 3 points chaque week-end, oui on finira champion…« 

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