Ajax – Standard : une rivalité qui dépasse la pelouse et le stade

À l’annonce du tirage au sort des groupes de l’Europa League, le double affrontement programmé entre le Standard de Liège et l’Ajax Amsterdam a aussitôt ravivé de vifs souvenirs en bords de Meuse, où les hooligans des deux équipes s’étaient violemment affrontés en 2000. Décryptage, avec un membre du HS81 ayant participé aux événements d’il y a seize ans.

Nous sommes le 29 juillet 2000. En guise de match de gala d’avant-saison, le Standard, coaché à l’époque par Tomislav Ivic, reçoit l’Ajax Amsterdam de Rafael van der Vaart, Christian Chivu ou encore Wamberto. Si ce match est attendu par de nombreux fans des Rouches comme une belle affiche de foot, il en sera, au final, tout autre. Sur le terrain, la victoire des Ajacides (0-4) est pour ainsi dire anecdotique. Car ce sont les affrontements entre supporters des deux clans qui occupent l’espace médiatique… et les souvenirs d’aujourd’hui.

«Cela a été une grosse victoire du hooliganisme liégeois.»

«Cela avait commencé avant le match, au centre-ville, par des premiers affrontements entre les supporters des deux équipes », se rappelle un membre du HS81 (N.D.L.R.: Hell Side 1981, le noyau dur des supporters du Standard), présent au match. «Il y avait vraiment très, très peu de forces de l’ordre présentes. Et quand je suis arrivé à Sclessin, les supporters de l’Ajax occupaient des lieux où nous avions l’habitude de nous rendre: le café The Cup et le restaurant Le Bois d’Avroy, qui avait été saccagé. Mais c’est à 20 minutes du terme du match que les gros incidents ont éclaté. Des supporters hollandais ont quitté leur tribune et il y a eu de gros affrontements sur le pont de Sclessin. C’était très violent et les supporters hollandais ont fini par se réfugier dans leur tribune. Cela a été une grosse, grosse victoire du hooliganisme liégeois. »

Les incidents avaient fait plusieurs blessés, dont un Ajacide grièvement. De nombreuses interpellations avaient eu lieu dans la foulée. Des perquisitions également. Mais le jeune Amstellodamois s’en était finalement sorti vivant, malgré une fracture du crâne.

Une rivalité ancestrale et un héritage important

«Il faut savoir que la rivalité entre les deux clans ne date pas d’hier », poursuit notre interlocuteur. «Cela vient notamment de l’alliance que les supporters de l’Ajax ont depuis longtemps avec le noyau dur des supporters d’Anderlecht. Du coup, quand on a vu le tirage au sort, beaucoup de souvenirs sont revenus, surtout chez eux. »

Et si aujourd’hui, seize ans après les faits, les principaux protagonistes ont tourné la page, de nouvelles générations de hooligans ont pris le relais.

«La plupart des membres du Hell Side qui ont pris part à ces affrontements ont aujourd’hui 40 ans et sont rangés », confirme notre interlocuteur. «Mais il y a des jeunes qui ont pris le relais. Et la rivalité entre les deux camps est toujours aussi forte. Cet héritage est fort important dans le milieu du hooliganisme, car cet épisode de 2000 est bien connu, tout comme celui des Standardmen qui sont allés à l’affrontement lors du match à Feyenoord (N.D.L.R.: il y a deux ans). »

Le match… retour sous haute tension

Faut-il dès lors craindre de nouveaux incidents lors du match à Amsterdam jeudi? «Cela me paraît difficile, car les tickets combi-car (N.D.L.R.: obligation de se rendre au match avec les cars affrétés par le club et encadré par les forces de sécurité) sont d’application. Même s’il y a toujours moyen de trouver des façons de contourner la chose. Les jeunes aujourd’hui sont plus du style à faire des free-fights dans les bois. Par contre, je m’attends plus à ce qu’il y ait de gros affrontements lors du match retour. Ceux de l’Ajax vont venir à Liège dès le mercredi soir, c’est certain! Et ils viendront avec ceux d’Anderlecht, ça, j’en suis sûr. » En quête de revanche, seize ans plus tard.

«Lors du match retour, ceux de l’Ajax viendront dès le mercredi soir, c’est certain.»

Car le milieu du hooliganisme reste un monde à part, tel qu’on a encore pu le voir lors du récent Euro en France.

«On dit toujours que les hooligans n’ont rien à voir avec le football. Mais je peux vous assurer que les hooligans du Standard sont des amoureux du club, vraiment. Et les récentes sanctions (N.D.L.R.: de 24 à 39 mois d’interdiction de stade) tombées suite aux incidents de la saison dernière et lors de la finale de la coupe sont vraiment très difficiles à digérer dans le milieu. » Un milieu qui fonctionne avec ses propres codes, ses propres règles. Et parfois ses propres débordements.

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